FUIR LES SOUCIS INUTILES
I. « Une seule chose est nécessaire », dit le Seigneur (Luc, X, 42). Le souci de cette seule chose nécessaire vous fait un devoir de divers autres soucis. Mais jamais vous ne devez vous en créer qui nuisent au souci de l'unique chose nécessaire.
Que vous importe la façon dont tel ou tel vit, agit et parle ? Occupez-vous donc uniquement de vos affaires ; ne demandez pas ce que fait le voisin. Si chacun fait bien son devoir, tout va bien.
En beaucoup de choses il faut être ignorant et sourd. Le plus souvent, il vaut mieux détourner sa pensée des choses désagréables et laisser à chacun son opinion, que se mêler d'une discussion. Soyez bien avec Dieu, ne considérez que son jugement, et vous supporterez aisément qu'on vous néglige.
Ne vous préoccupez pas d'acquérir du renom, de vous assurer la confiance d'un grand nombre, ou l'affection de quelques-uns. Tout cela n'engendre que distractions et détourne votre esprit de la considération de l'unique chose nécessaire.
Ne vous souciez que de cet unique nécessaire ; et, à cause de cet unique souci, occupez-vous du reste.
2. Vivez à loisir ; ne brusquez rien ; ne vous surchargez pas d'un lest inutile ; ne vous accablez pas d'affaires. Il y a du bien à faire qu'il faut laisser à d'autres.
Un cœur vertueux s'inquiète moins des choses que Dieu veut, que de la volonté de Dieu qui veut ces choses.
Ne vous souciez pas de ce qui vous est impossible. Il ne vous est pas possible d'être sans difficultés, de n'avoir pas de contradicteur, d'éviter tout malentendu, de goûter constamment une consolation sensible dans vos prières.
Tendez à la plus haute perfection alors même que vous ne pouvez l'atteindre : vos efforts vous conduiront toujours à une perfection plus haute.