LE CHRISTIANISME ET L ORDRE SOCIAL
toute entreprise qui prétend changer par la violence et détruire la distinction extérieure des classes, fondée sur l'histoire et les conditions sociales ; cette loi la punit comme un attentat contre l'ordre divin (Rom., xiii, i), et comme une apostasie de l'esprit de l'Evangile (Matth., XXVI. 52).
L'idée d'une paix universelle entre les rachetés trouverat-elle jamais ici-bas, même approximativement, sa réalisation extérieure et sociale ? C'est le secret du Seigneur (i Cor., XV, 2'-,).
6. Dans ces derniers siècles, l'esprit chrétien a disparu d'un grand nombre de classes de la société; en prônant le libéralisme, on est revenu à l'humanisme égoïste et jouisseur du vieux paganisme. Dans les familles, dans l'État et dans l'Eglise, on ne voit plus des institutions voulues par Dieu, mais des choses que l'on conserve encore parce qu'elles semblent utiles aux intérêts de l'égoïsme.
Relativement au droit de propriété, on ne tient aucun compte de Dieu, et l'on fait de cette propriété un puissant moyen de satisfaire un égoïsme sans frein et la sensualité la plus dégradante. Le but suprême du progrès social, c'est d'établir une sorte de paradis où quelques privilégiés jouiront d'un bonheur animal, tandis que les masses seront traitées comme des bêtes de somme.
Le libéralisme modifié à l'usage des masses s'appelle le socialisme ou la démocratie sociale. Pour lui, la religion est une folie : il faut la laisser s'éteindre. La propriété particulière disparaît. La famille est abolie, les hommes sont destinés à vivre comme des chiens. Le pouvoir public s'empare des enfants et de la cuisine.
L'égoïsme insatiable des riches sans religion, la grande
misère du peuple ouvrier et la disparition du sentiment religieux et chrétien sont particulièrement responsables de la diffusion du socialisme.
Une seule chose peut préserver la société humaine de la ruine imminente : c'est le retour au vrai christianisme.