‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 320 sur 344 · LA PAPAUTE · texte numérisé non relu

LA PAPAUTE

I . La Papauté a fait ses preuves dans l'histoire de la façon la plus éclatante : elle s'est montrée ce qu'elle devait être dans le dessein du Christ : « Sur ce rocher je bâtirai mon Eglise. » (Matth., xvi, i8.)

La plupart des papes ont été personnellement des hommes remarquables, autant par leur vertu que par leur science. Mais ce qui fait l'importance de la Papauté, ce n'est ni la science, ni l'érudition des pontifes, ni leurs vertus et leur sainteté personnelles.

Luther lui-même avoue : « Le plus grand miracle de notre Dieu est qu'il ait maintenu sa parole dans le monde et que le royaume de Notre-Seigneur Jésus-Christ se soit perpétué dans la Papauté. »

Si, dans la longue série des papes, il se trouve quelques individualités trop mondaines, c'est une preuve que rien d'humain ne peut prévaloir contre le fondement de l'Eglise chrétienne.

La Papauté est un très grand bienfait ; sa fin principale n'est pas dans les choses de ce monde passager, mais dans les biens de l'éternité.

LA PAl'AUTH 383

2. Mais même au point de vue de l'histoire, la Papauté a accompli de grandes œuvres. Les nations civilisées lui doivent la vie.

Le protestant Jean de Mùller dit de l'Allemagne : « 11 ùUait que les barbares, nos ancêtres, fussent instruits et formés ; ils durent passer par mille erreurs avant que la vérité pût, sans les aveugler, leur apparaître dans sa simplicité. Qu'arriva-t-il ? Dieu leur donna un tuteur : ce fut le Pape. Que fût-il advenu d'eux sans le Pape? Ce qu'il est advenu des Turcs : parce qu'ils n'ont pas accepté la religion byzantine, et qu'ils n'ont pas soumis leur sultan au successeur de Chrysostome, les Turcs sont restés dans leur barbarie. »

3. Ce n'est pas un système d'enseignement, ce n'est pas un livre qui pouvait exercer cette influence civilisatrice sur des peuples grossiers : il flillait la hiérarchie ecclésiastique vivante, entourée d'une majesté visible ; il fallait cette hiérarchie qui a sa source dans le Pape, et qui vit par l'union avec le Pape de Rome.

L'unité organique visible et l'union de toutes les Églises particulières sous la primauté des Papes ont été le principe d'une force morale à laquelle on ne peut rien comparer dans le monde.

Seule la force de cohésion qui réside dans la Papauté a pu empêcher les peuples de retomber dans l'isolement égoïste, où ils se trouvaient avant le christianisme.

La civilisation et la science ont de tout temps trouvé dans les Papes leurs protecteurs les plus zélés. En règle générale, nous voyons toujours les Papes soutenir les droits des opprimés.

Page 1