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DES SAINTS

1. Pour notre joie et notre satisfaction, nous savons que le christianisme a formé un grand nombre de saints. Ils contribuent à la glorification du Christ.

Nous honorons les saints, c'est-à-dire ces hommes qui se sont signalés sur terre par un haut degré de vertus chrétiennes, et dont nous pouvons admettre qu'ils sont au ciel, près de Dieu.

Le culte des saints a été de tout temps dans l'Eglise une source de grandes grâces. Les saints sont les amis de Dieu. Tout homme voit avec plaisir que ses amis soient honorés par les autres. De même Dieu désire qu'on honore ses saints : « Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera. » (Joan., XII, 26.)

« En étudiant les martyrs et leur histoire, dit Moehler, j'ai du moins appris à vénérer les saints. Souvent je me suis pris à pleurer en lisant leurs actes, j'ai ressenti leurs souffrances, admiré leurs actions, j'ai été accablé par leur grandeur. Il en serait de même, je le crois, pour la plupart de ceux qui se donneraient la peine de lire ces splendides monuments du passé chrétien. »

Le culte des saints n'est pas l'adoration : c'est un témoignage de haute vénération. Le culte public est réglé par

l'Église ; on ne peut donc vénérer publiquement comme saints que ceux que l'Église permet d'honorer de la sorte. Cette autorisation solennelle s'appelle « canonisation ».

Pourquoi n'honorerions-nous pas ceux qui ont tout sacrifié et tout souffert pour le Christ Notre-Seigneur ?

2. En honorant les saints, nous nous sentons pressés de tendre plus efficacement à l'union avec Jésus-Christ. Tout homme qui veut avancer cherche un soutien et un appui ; il le cherche au-dessus de lui, mais aussi proche que possible.

Il cherche partout, à proximité, un modèle qu'il puisse reproduire. Il en est ainsi, même dans les choses de la vie. Les amis de la poésie vénèrent leur Schiller ou leur Calderon; ceux qui font de la philosophie leur idéal s'attachent à un Platon, à un saint Thomas ou à un Schopenhauer ; les musiciens ont un culte pour un Mozart, un Beethoven ou un Richard Wagner.

Pourquoi donc les amis de la vertu chrétienne ne vénéreraient-ils pas et ne sentiraient-ils pas le désir d'imiter ceux qui ont pratiqué cette vertu d'une façon suréminente?

En considérant les saints, nous devons nous dire : « Ou les saints ont trop fait pour le service de Dieu, ou nous faisons trop- peu. Si nous n'avons pas la foi, nous faisons encore trop ; mais si nous Tavons, le peu que nous faisons ne saurait suffire. »

3. Au culte des saints se rattache le recours à leur intercession. Alors même qu'un sujet a toute confiance dans le prince dont il attend des faveurs, il se réjouit cependant d"avoir pour protecteurs les amis du prince, surtout s'il sait que ce dernier met sa joie à distinguer ses amis en exauçant leurs prières.

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