LE JOUG ET LE FARDEAU
I, Tant que nous sommes ici-bas, la vie chrétienne est essentiellement un joug et un fardeau. Mais le Seigneur affirme que son joug est doux et son fardeau léger (Matth., XI, 30); il attend donc de vous que vous vous soumettiez à sa direction en toute dépendance et toute docilité.
'« Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. » (Matth., xi, 29.)
« L'amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont point pénibles, car tous ceux qui sont nés de Dieu sont victorieux du monde; et cette victoire, par laquelle le monde est vaincu, est notre foi. Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu? » (i Joan., V, 3-5.)
La divinité du Christ se révèle excellemment dans les mystères de sa vie glorieuse. Aussi la considération de ces mystères est-elle particulièrement propre à nous montrer la douceur et la suavité de l'union à Jésus-Christ, et à remplir notre cœur d'un joyeux enthousiasme.
2. Le service du Christ est doux et léger d'abord en raison du mal qu'il écarte de nous. Tout homme doit
porter un joug : que ce soit donc le joug de Dieu, que le Christ vous a imposé !
Pas de vie humaine sans joug. Qui ne porte pas le joug de Dieu porte le joug de quelque passion. Il vaut mieux se soumettre volontairement à Dieu que de devenir forcément l'objet de la risée et l'esclave du monde.
A celui qui ne se soumet pas de bon cœur aux exigences de la vie chrétienne, la puissance des ténèbres impose une honte, un fardeau qui accable les plus nobles et les meilleurs des hommes.
Si vous croyez ne pouvoir être un chrétien fidèle, soyez convaincu qu'il vous est impossible de vous estimer vousmême devant le tribunal de votre raison.
On se raille des chrétiens fidèles, on les traite de « bigots ». Qui sont ceux qui parlent ainsi?. Toujours et partout des gens suspects. Tel est l'homme abandonné à lui-même.
De là cette plainte du vieil Homère : « De tout ce qui respire et se meut, il n'est pas, sur terre, d'être plus misérable que l'homme. »
3. En second lieu, le service du Christ est doux et léger, à cause de la beauté ravissante de ses principes. D'après ces principes, notre vie, notre bonheur, notre salut, tout noti*e être, sont entre les mains de Celui qui nous aime.
Tout ce qui nous arrive nous arrive sous In direction toujours bienveillante de sa providence.
Le temps, si court soit-il, que nous consacrons à son service nous rend estimables à ses yeux. Toute action que nous accomplissons, tout bon désir que nous formulons, toute démarche que nous faisons dans le but de lui plaire, prend à ses yeux une valeur en quelque sorte infinie.