‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 338 sur 344 · LE JOUG ET LE FARDEAU · texte numérisé non relu

LE JOUG ET LE FARDEAU

Chaque fois que nous respirons, nous nous rapprochons du terme bienheureux, du moment où nous quitterons le théâtre de la lutte pour entrer en possession du bonheur divin.

Est-il une beauté, est-il une noblesse, qui ne se rencontrent excellemment dans le service de Jésus-Christ?

« La vertu, dit Sénèque, est déjà en elle-même une satisfaction : elle est si aimable qu'il est naturel aux méchants d'applaudir un acte de vertu. »

4. En troisième lieu, le service du Christ est doux et léger, en raison des biens que la bonté de Dieu nous fait espérer.

Dieu n'attend pas jusqu'à l'éternité. Son amour le porte à se montrer, dès cette vie, libéral envers ses serviteurs. Outre la vie éternelle, il leur a promis, pour cette terre, le centuple des biens auxquels ils renoncent (Matth., xix, 29).

Et Dieu tient ses promesses. Le vrai bonheur sur terre est le privilège de ceux qui ont fait de la volonté de Dieu la règle de leur vie.

Dans la vie chrétienne, il n'y a rien de difficile en soi. La difficulté vient de notre vue bornée et de notre pusillanimité. Et quand il y aurait des difficultés, l'amour les adoucirait et les allégerait.

Où est l'amour, il n'y a pas de fatigue; et s'il y a de la fatigue, on l'aime, on la porte avec joie.

Pesez souvent ces pensées, pour vous affermir dans votre persévérance.

Le bien ne sert de rien si l'on y renonce avant la fin de la vie. Qui perd courage avant d'atteindre au but a couru en vain.

Page 1