LA VIE D ICI-BAS EST UNE EBAUCHE M
Non ! De même que le but du feu d'artifice n'est pas la cendre dans laquelle il s'éteint finalement, mais le divertissement des spectateurs, de même la vie d'ici-bas n'a^pas sa conclusion dans l'état final de cette terre. Elle ne l'a ni dans le présent d'ici-bas ni dans l'avenir d'icibas. Elle grandit jusque dans l'au-delà, pour y trouver la conclusion qui explique tout le passé. La vie est une lutte constamment inachevée, dont le résultat se trouve dans l'autre monde !
3. On a affirmé qu'il existait un autre monde pour la récompense des bons, mais non pour le châtiment des méchants ; que le châtiment de ces derniers est l'anéantissement qu'ils trouvent dans la mort. Erreur ! Dieu m'a destiné à être heureux. Il m'a accordé la vie sans me demander mon consentement ; il est le Maître, je suis la créature. Mais il n'a pas pu m'accorder la vie pour me rendre indépendant de lui. Ma vie, par sa nature, vient de Dieu et est destinée à Dieu. Dieu doit essentiellement rester le maître ; il conserve un droit sur toutes ses créatures. Dieu doit exiger de ses créatures raisonnables qu'elles se soumettent durant leur vie à sa volonté. La volonté de Dieu est imprimée tout d'abord dans le devoir moral, dans la conscience. Celui qui agit contre sa conscience dérobe à Dieu l'honneur qui lui est dû, il offense Dieu.
Quand bien même l'homme n'aurait pas reçu sa vie de Dieu, il ne devrait pas en abuser. Il ne l'a pas reçue pour en abuser, mais pour mériter, par le bon emploi qu'il fera de sa vie terrestre, une vie éternellement heureuse. L'homme est coupable quand il abuse criminellement de son existence. La faute appelle le châtiment. Et l'anéantissement serait-il le juste châtiment d'une ûmte sciemment et volontairement commise?
I20 r^ SEMAINE. 1. L AMOUR DE LA VERITE
L'instant que dure l'anéantissement ne permet ni l'aveu de la faute ni le sentiment du châtiment. Le scélérat souhaite d'autant plus l'anéantissement qu'il est plus résolu à persévérer dans le mal, jusqu'au moment de son entière destruction. Celui qui ne craint pas, malgré les remords de sa conscience, de vivre comme un animal se fait volontiers à la pensée de mourir comme un animal. Non, l'anéantissement n'est pas un châtiment.
Dieu a fait présent à l'homme de la nature humaine ; l'homme qui pèche abuse et pèche dans cette nature ; il doit donc être puni dans sa nature humaine. Par le péché, l'homme s'est détourné de Dieu en préférant la jouissance d'une créature à la volonté de Dieu. 11 doit donc, pour châtiment, être privé de Dieu, il doit ressentir cette perte comme un châtiment, et de plus éprouver une peine comme compensation de la jouissance coupable. Comment cela aurait-il lieu si la mort apportait l'anéantissement? Comment, en outre, un même anéantissement pour tous les méchants serait-il un juste châtiment pour des crimes si différents en nombre et en grièveté ?
La mort n'amène donc pas l'anéantissement; mais elle met un terme au temps de l'épreuve. L'arbre reste couché dans la direction où il est tombé. Il est des âmes qui entrent dans l'autre monde sans aucune dette et sans être passibles d'aucun châtiment; il est des âmes dont les faiblesses et l'insuffisante pénitence doivent être effacées par un châtiment temporaire ; il est aussi des pécheurs qui se sont eux-mêmes séparés pour toujours de Dieu, que la justice divine doit par suite châtier d'une peine éternelle.
6. Tout cela se décide dans le jugement qui se fait au moment de la mort; l'épreuve est terminée. Pour subir