LA VIE D ICI-BAS EST UNE EBAUCHE
cette épreuve, l'homme était rattaché par mille liens au moyen de son corps à ce monde sensible. Au moment de la mort, l'àme se détache du corps ; l'être naturel, r « homme », cesse d'exister, les liens sont brisés; l'homme est arrivé au terme de sa course naturelle, et rame attend avec peine le moment où, par la vertu de la toute-puissance divine, elle sera réunie à ce corps, qu'elle est destinée, par toute sa nature et toutes ses facultés, à animer et à vivifier.
S'il en est ainsi, la vie d'ici-bas a une signification infiniment élevée; elle nous présente le fini, le passager, mais pour aboutir à l'infini, au permanent; elle est le portail magnifique et resplendissant par lequel l'homme au moment de la mort entre dans l'intérieur du palais de la Divinité. « L'homme entrera dans la maison de son éternité. » (Ecclésiaste, xii, 5.) A la lumière de cette éternité, le bonheur et la souffrance terrestres semblent infiniment peu de chose ; on comprend dès lors qu'ils ne soient pas répartis d'après le mérite personnel.