LA NÉCESSITÉ DE LA CONVICTION DE L'AU-DELA
I. Le mal fondamental de la vie est la fausse estime de ce monde. « L'au-delà ne peut que médiocrement m'intéresser ; mes joies naissent de cette terre et ce soleil luit sur mes douleurs. » Tel est le langage du matérialiste.
La conviction de l'existence d'un au-delà réel nous montre sous son vrai jour le monde d'ici-bas ; elle est nécessaire à l'existence de l'humanité sur cette terre. Mais s'il en est ainsi, il faut en conclure que la vérité et la réalité correspondent à cette conviction, puisque aucune erreur ne peut être nécessaire à l'existence de l'humanité.
De même que l'animal a besoin de l'instinct qui le maintienne dans sa véritable voie, de même l'homme a besoin, dans un nombre infini de cas de la plus haute portée, d'un motif déterminant connu. Ce motif, il peut le trouver pour sa conduite morale dans la considération du bien-être temporel ; il peut, par exemple, être tempérant, pour ne pas nuire à sa santé ; il peut s'abstenir du vol, pour ne point se créer d'affaires avec la police. Ce motif, il le trouve aussi dans sa raison, dans sa dignité d'homme ; il peut agir moralement par respect pour lui-même. Mais si nous prenons l'homme tel qu'il est réellement, nous