‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 59 sur 344 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

LA RELIGIOSITE MODERNE t

I. « Quelque différentes que puissent être d'ailleurs les opinions des hommes, disait F. Strauss, ils s'accordent tous à dire que l'instinct religieux doit être considéré comme un privilège de la nature humaine, voire même comme son principal titre de noblesse. » S'il en est ainsi, la question du véritable esprit religieux est une question fondamentale de la nature humaine.

Le monde moderne, plongé dans le panthéisme ou dans le matérialisme, veut lui aussi posséder sa religion.

La religion moderne veut être universelle ; elle ne se rapporte pas à la vérité objective, elle repose seulement sur un besoin subjectif. Le Groënlandais qui, après une pêche heureuse, oint d'huile de baleine ses idoles, et qui les châtie après un labeur infructueux, et le savant expérimenté qui poursuit le christianisme de ses plaisanteries et de ses sarcasmes, se placent au même point de vue religieux : ils veulent satisfaire leurs émotions subjectives. 11 n'y a pas de vrai Dieu, ou du moins nous ne pouvons le connaître ; ce n'est que par un besoin de l'imagination que l'homme, qui a l'instinct religieux, se représente un Dieu quel qu'il soit, bloc de bois, soleil ou

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