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Dieu n'a pas créé le monde comme un architecte

176 r'' SEMAINE. 1. l'amour DE LA VÉRITÉ

construit une maison et se retire sans plus s'occuper de son œuvre. Non, Dieu est près de moi, près de mon intelligence, près de mon cœur. Il porte tout par la force de son verbe. En lui nous vivons, nous nous mouvons et nous sommes. Si dans mon être et dans mes actes je suis distinct de Dieu, rien cependant n'est plus près de moi que Dieu. Sans l'Etre divin, pas d'être: sans l'acte divin, pas d'acte. Sans la lumière de Dieu, pas de véritable connaissance dans l'esprit; sans l'amour de Dieu, pas de noble amour dans le cœur. Déjà dans la nature Dieu est près de nous : « Que serait un Dieu qui n'aurait donné que l'impulsion , qui laisserait l'univers tourner après lui avoir donné sa chiquenaude? Il est digne de lui d'être le moteur intérieur du monde, que la nature soit en lui et qu'il soit dans la nature, de telle sorte que tout ce qui vit, se meut et existe en lui, ne perde jamais sa force, ne perde jamais son esprit. »

Et il ne serait pas auprès de nous, pour être toujours à même de nous porter secours d'une façon extraordinaire, au milieu de toutes nos impuissances?

Comment m'imaginer que celui qui est si près de moi ne soit pas disposé à m'assister dans ma faiblesse naturelle ? Une mère prend soin de son enfant : Dieu m'oublierait-il ? Serait-ce en vain qu'il a mis dans mon cœur le désir d'avoir près de moi un Dieu secourable? N'est-ce pas, au contraire, afin que j'aie conscience de ma faiblesse et de ma dépendance à son égard? pour que je trouve ma force dans ma soumission à Dieu? Et ne serait-il pas prêt à répondre à mon cri de détresse, à donner à mon intelligence la lumière qui me montre la voie surnaturelle, la force à ma volonté, la consolation à mon cœur? Et s'il n'empêche point les chutes de sa créature, n'est-ce pas afin que l'homme, reconnaissant sa fiiiblesse et se repen-

tant de son orgueil, s'unisse à Dieu par une confiance intime?

Et puisque ce n'est pas seulement l'homme pris individuellement, mais l'humanité tout entière qui pousse ce cri de détresse, le secours du ciel ne doit-il pas être aussi un secours universel, approprié à tous ? L'individu est enfermé et compris dans la race. Le secours ne doit-il pas être tel qu'il atteigne les individus dans leurs rapports avec la société ?

4. Dieu a ménagé à l'humanité le secours qu'elle attendait : au commencement des temps, il lui a donné une révélation primitive avec la promesse d'une grâce complète. C'est par leur faute qu'un grand nombre ont perdu cette révélation primitive. Dans le cours des temps, au milieu même des peuples tombés dans l'erreur, beaucoup d'hommes ont reçu cette grâce de sanctification et de salut, parce que, avec un cœur plein de bonne volonté, ils se sont laissé guider par la grâce. En Jésus-Christ, ce secours s'est manifesté extérieurement.

L'homme conscient d: sa faiblesse naturelle et de sa culpabilité personnelle peut, ou bien par sentiment d'orgueil blessé et par désespoir, s'abandonner aux penchants de sa superbe et de sa sensualité — et alors il se dégradera toujours davantage; — ou bien il peut, en toute humilité et plein de confiance en Dieu, chercher de tous côtés le don du ciel, pour son esprit affamé de lumière, pour sa volonté si faible, pour son cœur altéré de consolation, pour sa conscience oppressée par les péchés. Celui qui cherche ce secours avec bonne volonté et avec un esprit sincère reconnaîtra que le désir du cœur humain a reçu sa pleine réalisation par Jésus-Christ, qui est le point central de l'histoire universelle. Jésus-Christ a été

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prédit comme le Sauveur de l'humanité et il a prouvé, par des miracles et par des prophéties, qu'il était l'envoyé de Dieu. Le Christ a mené une vie sainte ; il a opéré les prodiges les plus divers; il est mort pour remplir sa mission divine ; il est ressuscité d'entre les morts, et aussitôt sa doctrine, jointe à tant de sacrifices, s'est répandue au loin. Ces raisons ont suffi à l'élite de l'humanité pour reconnaître la mission divine du Christ.

Jésus-Christ est demeuré près de nous et il continue d'agir dans l'Eglise visible qu'il a fondée, et dans laquelle les vérités révélées par Dieu nous sont enseignées sous la garantie divine. L'Eglise puise ces vérités dans la tradition et dans la sainte Ecriture ; Dieu la préserve de toute erreur.

La partie la plus importante de la sainte Écriture sont les Évangiles. Les Évangiles sont authentiques : on reconnaît à leurs caractères intrinsèques qu'ils ont été écrits réellement par des disciples du Christ. Les Evangiles sont dignes de créance : leurs caractères intrinsèques prouvent que leurs auteurs ont dit la vérité. Les Évangiles ne sont pas interpolés : on peut prouver que dans le cours des temps, aucune modification n'y a été introduite.

5. 11 y a parmi les hommes une multitude et une variété indescriptible de religions.

Cela prouve-t-il quelque chose contre la vérité du christianisme? Pas plus que contre la vérité de l'islam, du judaïsme, du boudhisme et de toute autre religion ou conception religieuse.

Peut-on conclure de la multiplicité des religions que peu importe leur doctrine? Dieu serait-il satisfait du culte qu'on lui rend, quel qu'il soit? Cette pensée renferme

quelque chose de vrai. Il y a une diversité religieuse qui n'exclut pas la vérité; et il y a aussi dans les fausses religions des âmes qui, sans qu'il y ait de leur faute, n'en savent pas davantage, et qui par suite sont excusables.

Mais comment Dieu, Vérité infinie, pourrait-il être indifférent à la vérité et à l'erreur ? Comment, aux yeux de la sainteté infinie, l'ordre et le désordre pourraientils avoir même valeur? Si les religions n'avaient entre elles que de légères différences, l'absurdité de les tenir toutes pour également bonnes serait moins insupportable. Mais elles sont essentiellement hétérogènes.

D'où vient donc la multiplicité bigarrée des religions?

La formation d'une religion a pour base un instinct de la nature humaine. L'homme est fait pour Dieu, et par conséquent aussi pour la religion.

Mais la nature humaine est extrêmement faible, faible dans son intelligence, faible dans sa volonté. L'amour divin a voulu venir en aide à la faiblesse de la nature. Mais, par suite du péché originel, la nature est retombée dans sa faiblesse; telle est la source des erreurs.

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