‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 73 sur 344 · NATUREL ET SURNATUREL · texte numérisé non relu

NATUREL ET SURNATUREL

lumière et la force divines après lesquelles notre faiblesse et notre fragilité soupirent, non seulement il nous a donné ces biens divins afin que nous puissions vivre dans la justice et trouver le bonheur qui satisfait le cœur humain : mais encore, ô merveille ! nous devons entrer en union intime et surnaturelle avec la Divinité. Notre Père qui êtes aux cieux !

2. Le petit mendiant, c'est l'humanité. A l'origine Dieu avait fait dépendre de la fidélité du premier homme le don de la grâce surnaturelle. L'épreuve était en rapport avec l'état où l'homme se trouvait alors. Dieu exigeait la soumission à Dieu dans la mortification de la sensualité. Cédant au désir de se diviniser lui-même, Adam tomba dans une désobéissance criminelle. Toute la nature humaine participa au péché d'Adam ; son péché devint celui de toute la race. Déjà, par nature, chacun est enclin à considérer, en vertu de la communauté de race, les mérites des autres comme les siens propres. A cela s'ajoutait le décret divin attribuant à tout péché de la race une importance d'une portée universelle. Le péché de la race se transmit avec la nature humaine. Chacun y ajoute ses péchés personnels.

Dieu a permis que les hommes pèchent afin que son amour parût dans tout son éclat. Désormais, l'acte de l'amour divin semble le fait d'une miséricorde qui pardonne et qui expie. Le Christ s'est librement oftert à la justice, pour l'expiation et la satisfaction exigées par les péchés des hommes. La rédemption par le Christ n'est pas un acte juridique ordinaire : elle est foncièrement le fait d'un amour inconcevable.

.3. A l'ordre de la nature et de la raison, s'ajoute

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un autre ordre, l'ordre de la grâce et de la foi surnaturelles. La soumission à Dieu, pour laquelle l'homme est créé, s'exercera dès lors ainsi : l'homme doit s'incliner humblement devant la révélation divine et recevoir de Dieu comme un bienfait ce qui doit aider à relever sa propre faiblesse ; en particulier il doit recevoir avec reconnaissance, dans la foi, l'espérance et la charité, le le don précieux de la filiation divine : il doit se jeter comme un enfant fidèle dans les bras du Père céleste, et s'efforcer, en union avec le Christ, d'être parfait comme le Père céleste est parfait.

Par un amour inconcevable, le Dieu infini veut nous rendre heureux, non seulement dans la mesure que comportent les capacités de l'être humain, mais au delà de toute mesure, de façon que notre bonheur égale en quelque sorte le bonheur de Dieu lui-même. Nous ne contemplerons pas seulement Dieu dans ses œuvres : nous le verrons face à face. A nos puissances naturelles, Dieu ajoutera une faculté surnaturelle : la lumière de gloire qui élèvera et forfifiera notre intelligence, pour nous permettre de voir Dieu, comme Dieu se voit luimême, face à face.

De même que Dieu éclairera et fortifiera notre intelligence, pour que nous puissions le voir directement, de même il brisera les entraves de notre volonté et nous rendra capables d'embrasser l'océan de son amour; il nous admettra aux délices et à la jubilation de son propre amour, afin que nous puissions l'aimer, comme il s'aime lui-même.

L'âme humaine ressemble à un chaton destiné à recevoir une fausse perle ; mais Dieu veut y sertir un diamant précieux.

Les institutions du christianisme sont en rapport et en

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