NATUREL HT SURNATUREL
incompréhensibles, l'amour de Dieu est la plus incompréhensible. C'est pourquoi le Seigneur dit : « Bienheureux celui qui ne se scandalise point à mon sujet. » (Matth., XI, 6. ; Luc, vu, 23.) Cet amour est un scandale à ceux pour qui l'argent est tout ; il est une folie à ceux pour qui le plaisir des sens dépasse tout ; mais pour ceux qui ont conscience de leur dépendance visà-vis de Dieu, il est la félicité suprême.
6. Le Christ fait encore de l'expérience la pierre de touche de la vérité de sa doctrine : « Ma doctrine ne vient pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé ; si quelqu'un veut foire la volonté de Dieu, il reconnaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si j'y parle de moi-même. » (Jean, VII, 16-17.)
Quelqu'un dit, en montrant quelques graines dans sa main : « Voici une semence d'où sortent des plantes et des fruits. » Pour convaincre celui qui en douterait, il n'est d'autre moyen que de déposer cette semence en terre et de prouver jusqu'à l'évidence ce qu'il a révoqué en doute. Ainsi en est-il des enseignements de la foi. Enfoncez au plus profond de votre âme cette semence en apparence insignifiante, et laissez-la fermenter dans votre esprit. Laissez passer sur elle la vie et toutes ses alternatives : toutes ses vicissitudes, ses épreuves, ses douleurs, ses heures tristes, difficiles, ses moments de faiblesse, ses espérances et ses joies. Conservez vivant en vous ce germe, et comprenez la réponse qu'il donne à tous vos besoins, à vos doutes, à vos douleurs, à vos questions.
Autant de bons chrétiens, autant de témoins du caractère divin du christianisme. Voilà le christianisme. Puissent ceux qui le combattent apprendre du moins auparavant quelle est sa doctrine !
PHll.OSOPHli;
194 I''^ SEMAINE. — I. — l'amour DE LA VÉRITÉ
Du reste, le surnaturel tel qu'il existe dans le christianisme ne pouvait être un produit de la science naturelle : il devait entrer dans l'histoire comme un facteur inattendu et sublime. Pour le laisser plus clairement entendre, le Christ n'a tenu aucun compte de la sagesse humaine. Il a pris ses apôtres parmi les illettrés, parmi les ignorants : « Mes frères, considérez qui sont ceux parmi vous qui ont été appelés : il y en a peu de sages selon la chair, peu de puissants et peu de haute naissance ; mais Dieu a choisi les moins sages selon le monde, pour confondre les sages. » (i Cor., r, 26-27.)
Dès que l'élément chrétien eut jeté ses racines, les sciences naturelles prirent dans le christianisme la place qui leur convenait.