‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 85 sur 344 · SCIENCE ET FOI · texte numérisé non relu

SCIENCE ET FOI

non pas à la vraie science. L'autorité dont la révélation chrétienne se présente revêtue à l'esprit du penseur ne limite en rien la liberté vraie et raisonnable, dont parle la sainte Écriture en ces termes : « Il a livré le monde aux recherches des hommes. » (Ecclésiaste, m, 2.) Elle donne plutôt au croyant une assurance qui manque à l'incrédule. Entre le croyant et l'incrédule, il y a la même différence qu'entre un observateur qui, d'un lieu à l'abri de tout danger, considère et étudie les phénomènes de la nature, et un autre qui se voit contraint de faire ses observations d'un point dangereux, exposé aux caprices des vagues.

Les connaissances que nous devons à la foi chrétienne sont pour le penseur le plus grand bienfait.

« Le désir de m'attacher fermement cà la foi catholique, dit Balmès, ne pouvait que croître en moi, lorsque parfois dans la pleine indépendance de mon esprit, je cherchais à approfondir ces questions obscures que la philosophie se propose de résoudre, et que je me voyais de tous côtés entouré des plus épaisses ténèbres sans découvrir d'autre lumière qu'un crépuscule inquiétant; et il ne servait qu'à rendre visibles les profondeurs des abîmes que je côtoyais. »

Que savons-nous donc véritablement ? Partout nous nous heurtons aux problèmes ; l'homme est un être obscur; du monde il sait peu de chose, de lui-même il sait encore moins. Plus de lumière ! tel est le cri de l'esprit humain.

La révélation chrétienne n'est pas immédiate, en ce sens qu'elle n'est pas adressée à chaque homme en particulier. En fera-t-elle moins bonne contenance en face de la science? Un païen de l'antiquité dit des incrédules : « Beaucoup de choses, avant qu'elles n'arrivent, sont

tenues pour impossibles : ainsi, de beaucoup de choses qui sont arrivées depuis longtemps, nous jugeons qu'elles sont impossibles, qu'elles ne peuvent exister, parce que nous ne les avons pas vues et que nous ne pouvons les comprendre ; c'est là la pire des folies. » (Pline, Hist. nattir., 1. VII, ci.)

Par la foi chrétienne notre intelligence s'en remet à Dieu, c'est en cela que réside sa force. Sans cette force, les plus belles connaissances de la raison sont faibles.

L'intelligence humaine est une lame d'acier bien trempée, un glaive à deux tranchants ; le caractère est la poignée de cette épée, et sans poignée il n'y a pas d'épée; la main énergique qui la tient est la piété ; c'est d'elle que l'épée emprunte sa force.

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