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LE SCEPTICISME

mais comme des êtres raisonnables qui, par la libre détermination de leur volonté, doivent tendre plus haut.

La vérité possède assez de lumière pour être comprise par un cœur pur ; assez d'obscurité pour aveugler un cœur corrompu.

Le scepticisme tue la vie de l'esprit, il en fait un cadavre ; il tue la société humaine et en fait un ramassis d'hommes qui n'ont rien à gagner ni à perdre.

Les rêves de la philosophie moderne sont-ils autre chose que les produits d'un scepticisme maladif? Bravo ! Messieurs, vous avez magnifiquement construit vos châteaux de cartes ! comment vous êtes-vous gardés de l'erreur?

3. Les uns doutent de toutes les connaissances de la raison : d'autres se défient de toute expérience des sens ; d'autres doutent de tout, sauf de leurs intérêts personnels. Quelle poussée en même temps vers la raison pure et vers l'expérience ! Hélas, ils brûlent la maison depuis la base jusqu'au faîte.

Le scepticisme est jusqu'à un certain point conciliable avec les égarements et les agitations de la vie; mais à l'approche de la mort, il n'est plus un calmant.

La critique est bonne, mais l'hypercriticisme est mauvais.

Le scepticisme corrompt tout ce que nous présente notre intelligence. En effet, la fleur existe-t-elle pour celui qui dissèque? Malheur à qui, au lieu de pratiquer le bien, le dissèque trop minutieusement.

La Providence veille à ce que nous puissions avoir la certitude en tout ce dont nous devons être convaincus par rapport au but de notre vie : il faut une seule condition, la bonne volonté.

228 l"' SEMAINE. I. l'aMOUR DE LA VÉRITÉ

Tenez vous donc en paix et ne subtilisez pas; subtiliser ne sert à rien : ouvrez-vous à la pure lumière qui doucement descend d'en haut.

Croyez à vos sens, croyez aux faibles lueurs de votre raison, croyez à la pleine lumière de la révélation divine. La science est l'étoile de la foi ; la piété est le germe de toute science. Rien n'est plus beau que de trouver réunis la lumière d'une haute sagesse et l'accomplissement silencieux des devoirs que nous prescrit l'Église.

Ne craignez pas le doute, mais usez-en de la bonne manière. Partez de la foi pour revenir à la foi. Le scepticisme vous guette pour vous ravir votre repos. L'évitezvous sur une route, vous le rencontrez sur toutes les autres; il change d"aspect, voilà tout. Ne fuyez donc pas devant l'ennemi, mais ne le recherchez pas non plus. Quand il vous heurte, écartez-le de votre chemin. Vous devez le combattre, vous devez le vaincre, grâce à lui vous trouverez la voie de la vérité. Vous doutez non point parce que vous êtes devenu sage : mais parce que votre sagesse n'est pas encore mûre. Le doute est l'enveloppe sous laquelle le fruit doit mûrir ; et lorsque le fruit sera mûr, il se dépouillera de son involucre.

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