‹ La philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 103 sur 108 · IIF APP. MGR DE POITIEBS ET M. COUSIN · texte numérisé non relu

IIF APP. MGR DE POITIEBS ET M. COUSIN

turel et philosophique^ « que le sexd nioyon qui nous soit donné de « nous élever jusqu'à FÊtre des êtres, sans éprouver d'éblouissemcnt « et de vertige , c'est de nous en approcher à l'aide du DIVIN MÉ- « DIATEUR , et que cet intermédiaire est double : l'univers, et les • vérités que la raison conçoit », et, par conséquent, le prélat a « été injuste d'imputer à 31. Cousiu de nier le vrai médiateur divin « JÉSUS-CHRIST. » Et cependant M. Cousin a dit en toutes lettres que le monde et la raison ensemble sont l'unique médiateur DIVIN entre l'homme et Dieu!

Tous les autres griefs sont écartés avec le même bonheur ! ! ! Seulement , à l'aide du sophisme , le défenseur de M. Cousin s'attache à prouver qu'eu formulant ces griefs contre l'innocent philosophe , le savant évêque ne sait ce qu'il dit, et que sa doctrine frise l'hérésie (pag. 19). 31. Cousin lui-même, il faut en convenir, a dû être agréablement surpris de se voir si habilement défondu contre un évêque par.... un prêtre!

Pour nous, la preuve la plus évidente que, dans la critique sévère de V illustre chef du rationalisme^ Mgr de Poitiers a frappé juste, c'est le silence que lui a opposé M. Cousin lui-même. Dans la seconde édition de l'ouvrage dont il s'agit, ce philosophe avait dit que la philosophie et la religion ne diffèrent que 2^a'>' la forme. Dans la troisième édition du même ouvrage , pour faire plaisir au bon P. Ch., M. Cousin a fait disparaître cette phrase. Il ne pouvait faire moins pour un auteur qui a été bienveillant pour lui, jusqu'à en faire un viodèle de docilité à la j^orole des évéques et des conciles et à le proposer à r imitation des traditionalistes (Voy. la Tradition). Or, si Mgr de Poitiers s'était trompé , comme le prétend l'auteur des Réflexions, sur le vrai sens de quelques passages de M. Cousin, c'était à celui-ci , dans la troisième édition de son livre, qui est postérieure à Vinstruction sy^iodale de son vénérable censeur, à désavouer les erreurs qui lui étaient imputées. C'était l'affaire d'une petite note dans cette troisième édition. Et certes, ce philosophe si docile aux paroles des évéques et des conciles, et qui avait retranché une phrase de son ouvrage sur le désir que lui en avait témoigné le P. Ch., n'aurait fait rien de trop en retranchant ou en expliquant dans un sens orthodoxe les passages de son écrit incriminé par un éréque. M. Cousin s'est tu , et il a laissé planer sur sa réputation de converti les graves soupçons que la censure de Poitiers a amoncelés. Or, pour quiconque n'a pas renoncé au bon sens, ce silence stoïcien de la part du philosophe calomnié, et ce refus public de se défendre lui-même, comme il pouvait et devait le faire dans une circonstance pareille, ne sont-ils pas une preuve évidente que le philosophe a voulu opposer un désaveu formel, un

LES SEMI-BATIONALISTES DUPÉS PAU CE PHILOSOPHE. 4Gt

démenti à la défense que le prêtre a bien voulu se donner la peine de prendre, de lui, sans lui , et que cette prétendue défense est non-seulement inconvenante, mais vaine et ridicule? Ce silence et ce refus ne sont-ils pas une preuve évidente que iM. Cousin ne tient pas à la réputation qu'on voudrait lui faire d'un converti malgré Lui, et qu'il tient, au contraire, à passer toujours pour ce qu'il a été, aux yeux de ses anciens élèves et de ses lUustres confrères, les rationalistes de toute l'Europe? Ce silence et ce refus ne sont- ils pas enfin une preuve évidente qu'il a une confiance sans bornes que ses nouveaux alliés^ les semi-rationalistes, feront mieux que lui-même sa besogne, qui est d'être bien auprès de certains croyants, sans se brouiller avec les incrédules ? Et, dans tous les cas, la conséquence naturelle et logique de ce silence obstiné que M. Cousin a gardé, en présence des plus graves imputations, même dans le moment oii il a cru nécessaire de redresser une phrase fausse et malsonnante de son livre, n'est-elle pas acquise à la justice et à la vérité de ces mêmes imputations ?

Remarquons ici en passant que c'est un fait acquis à l'histoire de la polémique de nos jours que, parmi les prêtres qui ont pris si chaudement fait et cause pour un philosophe contre les censures d'un évêque, il ne s'en est pas trouvé un seul qui ait pris fait et cause pour un seul écrivain catholique traditionaliste, attaqué par les philosophes. Ce fait a une signification immense.

En attendant, voilà, messieurs les semi-rationalistes, les grands résultats que votre zèle, prévenant et charitable, a obtenus, si nous ne nous trompons, auprès de Villustre chef du rationalisme français. 11 n'y a pas là de quoi être fier !

Ce zèle n'a pas été plus heureux auprès d'autres chefs moins ilbistres. A vous entendre, par les concessions que vous leur aviez faites, vous vouliez neutraliser leurs erreurs. Eh bien ! vous n'avez fait que les confirmer. Vous aviez tendu aux philosophes la main, pour les attirera vous; et, plus forts que vous, ils vous ont phitôt attirés à eux. Vous êtes devenus plutôt rationalistes, que vous ne les avez faits chrétiens. Jamais on n'a été victime d'une plus grande déception i

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