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passions, contre toutes les sectes d'hérétiques, soutenues par toutes les foires des puissances de la terre.
j\]ais si les semi-rationalistes n'obtiennent jamais que l'Église universelle se suicide pour leur faire plaisir, il n'en est pas moins vrai que, par les projets insensés d'alliance et de fusion entre la religion et la philosophie, qu'ils poursuivent avec tant d'entêtement et de maladresse, et qu'ils se flattent même d'avoir accomplis, ils font un mal immense dans les églises particulières oîijls ont entre leurs mains l'enseignement public. Car, par le fait seulement de mettre en avant de pareils projets, ils reconnaissent la philosophie comme une jjuissance à part de la religion ; puisqu'ils prétendent en faire son alliée, ils lui reconnaissent le droit d'exister, de marcher seule; puisqu'ils se mettent à genoux, devant elle, pour l'engager à marcher à côté de la religion, ils lui reconnaissent un enseignement à part, une catégorie à part de vérités naturelles qu'elle posséderait, indépendamment de toute révélation et de toute tradition; puisqu'ils la supplient de vouloir bien , par cet enseignement et par ces vérités de son ressort, venir au secours de la vérité traditionnelle, de la vérité révélée, ils approuvent, ils sanctionnent, ils affermissent, et ils osent même vouloir indulgencier, au nom de l'Église, le principe de révolte de la science contre la foi , contre lequel a protesté et proteste toujours l'Église.
A l'occasion de la dernière fête des Écoles, les philosophes rationalistes des Débats ont dit ceci : « Grâce à Dieu, M. Jouffroy a laissé « après lui bien des héritiers, non -seulement de sou indépendance, « mais de sa foi profonde aux grands i^rlncipes du spiritualisme « chrétien. Ils ont signé sans hésiter le traité, proposé par une pente sée généreuse, entre la religion et la science, parce que leur liberté « d' opinion, toujours i^réte à se dé fendre, ne veut jamais être agres- « sive, parce qu'ils aiment sincèrement la paix, parce qu'ils repous- « sent avec une égale vigueur les deux excès qui se provoquent au- « jourd'hui tour à tour, le fanatisme philosophique et V intolérance « religieuse. » On le voit donc, à côté de sa prétendue foi profonde aux grands principes du SPIRITUALISME ch7'étien {ce qui ne l'empêche pas de faire l'éloge du MATÉIUALISiME, et la guerre à la RELIGIOJN chrétienne), le rationalisme n'eu conserve pas moins 50« indépendance. Il n'aurait signé le traité x)roposé entre la religion et la science, que parce qu'il a cru y trouver stipulée la liberté d'opinion y\& - -A - y'\& àe Y intolérance religieuse ; c'est ce qu'on peut traduire ainsi : « Moi, la philosophie, je consens à signer un traité d'alliance « avec le catholicisme, à la condition qu'il n'ait jamais rien à voir, « rien à censurer dans les opinions qu'il me plaira de professer et d'eu-
qu'on reclame extrk la religion et la philosophie. 465
« seignev; à la condition que je reste dans un état d'indépendance ab- « solue vis-à-vis de lui : en sorte que je pourrai, comme je le fais « depuis presque deux siècles, comme je le fais dans ce même moment « par mes organes avoués, jMM. Simon et Dollfus, continuer à égarer « les peuples, à les éloigner de toute religion, et à démolir le catholi- « cisme lui-même, sans qu'il ait le moindre droit de s'en plaindre, » Voilà l'alliance que le semi-rationalisme vient de signer, et dont il s'applaudit tant... pour le plus grand avantage du catholicisme! Ici, la plume nous tombe de la main; et nous n'osons qualiûer comme il le mérite ce trait de fatuité.
Quant aux mots : Les rationalistes aiment sincèrement la paix, voici comment un philosophe chrétien (M. Lourdoueix) les a relevés : « Hélas ! hélas ! ce n'est pas seulement la paix que les philosophes « doivent aimer, C'EST LA VÉRITÉ. Si la vérité est dans le catholicisme, la philosophie qui n'y conduit pas est fausse. Si vous avez « foi dans les grands principes du spiritualisme chrétien, la phi- « losophie qui vous empêcherait d'accepter toutes les conséquences de « ces grands principes serait fausse également ; car la vérité philoso- « phique ne peut être inconséquente. » C'est là en effet toute la question. Et il est bien humiliant, pour les ecclésiastiques semi-rationalistes, qui n'y comprennent rieu, de recevoir ici cette belle leçon par un laïque! Le christianisme n'est pas un système philosophique : c'est la religion que Dieu a révélée dès le commencement du monde par lui-même, puis par les prophètes, et enQn par sou propre Fils. Ainsi toute intelligence doit plier ses ailes devant lui ; doit accepter ses dogmes^ sa morale, son culte : car tout cela, veuant de Dieu, est vérité, et c'est un devoir naturel, sacré pour toute intelligence de se soumettre à la vérité. Tant que votre philosophie n'en vient pas là (et elle est bien loin d'en venir là), elle n'est qu'un révolté de bas étage contre Dieu et contre la raison elle-même. La religion n'a pas de traités à stipuler avec elle, mais des auathèmes à prononcer contre elle. Et les semi-rationalistes, rêvant une alliauce entre la philosophie, à l'état de révolte, et la religion; entre l'erreur et la vérité, entre l'incrédulité et la foi, entre les aberrations de l'esprit humain et la parole de Dieu, pourraient bien passer pour des impies : nous nous contenterons de les appeler des insensés.
C'est dans les mêmes intentions qu'au même endroit le pur Ptationalisme a dit encore ceci: «Vous criez que l'anarchie est dans les « croyances... Si le mal est tellement profond, laissez donc la société « mourante appeler à elle tous les médecins; laissez la philosophie « unir ses efforts à ceux de la religion. Quand le mal est partout, il « n'y a jamais trop de voix pour enseigner le hien. Et puisque la voix
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« de la raison n'est pas trompeuse, puisqu'elle peut apporter à « Ihouiine, le saint-siége l'a dit, son contingent de vérités, ne rea l'usez pas sou assistance. Les vrais amis des pauvres ne refusent au- « cune aumône. Que la philosophie partage donc avec la religion « l'honneur de servir la cause de Dieu en communiqnant aux hom- « mes ce qu'elle possède de vérité..., et que toiftes les deux s'unis- « sent sincèrement pour hâter nos pas vers le but marqué par la Pro- « videuce: le perfectionnement religieux et moral de l'humanité.»
Cette touchante homélie n'est tout bonnement que du sophisme, de la déraison, de l'hypocrisie, et il n'y a que le semi-ratioualisrae dont désormais la légèreté et l'étourderie nous sont connues, qui ait pu s'y laisser prendre, au point d'avoir voulu accepter et même d'avoir provoqué lui-même les olïres monstrueuses que lui fait ici la philosophie.
Si la pliilosophie qui offre ici de s'allier à la religion, pour faire ensemble le bien de l'humanité, était la philosophie, telle qu'elle était au moyen âge, telle que le saint-siége vient de déclarer qu'elle doit être , la servante obéissante et soumise des oracles de Dieu; si cette philosophie était ce que le dernier concile d'Amiens veut que soit toute philosophie dans les écoles chrétiennes, c'est-à-dire « non une disci- « pline que les philosophes auraient bâtie à l'aide seulement de la rai- « son humaine, mais une discipline à laquelle la théologie, fondée dans « la révélation, serve de flambeau, prescrive la règle et donne l'accrois- « sèment (l); » si telle était la philosophie, l'Église ne demanderait pas mieux que de l'avoir à ses côtés, pour l'aider dans la grande mission dont Dieu l'a chargée, de combattre l'erreur dans le monde et d'y faire régner la vérité. Seulement, avec une telle philosophie, la religion n'a pas plus de traité d'alliance à faire qu'une mère n'en a à faire avec sa lillc, une souveraine avec ses sujets.
§ 2. La vraie pliilosophie a toujours été et doit être souinise à la vraie religion. — La philosophie , prétendant s'affranchir de ce devoir, n'est qu'une philosophie rebelle, poussant à l'anarchie du monde intellectuel. — Hypocrisie et trahison des offres qu'elle a faites à la religion.
La vérité dont il s'agit dans cette grande discussion n'est que la vérité de l'ordre religieux et moral. Or, comme nous l'avons faitremar-
(i) « Haec disciplina apud nos non ea est quam philosophus, solo humani iii- « gïiiii adjulorio ulens, esliuiasset; sed ea cui Tktologia, reveialione fuiidala, - lacem pra;icii, reguldiaprajàciibil, et iuciemeula pra;slat (/oc. cit.). -