QU ON RECLAME ENTBE LA KELIGION ET LA PHILOSOPHIE
quer plusieurs fois dans nos ouvrages, la vérité de ce genre n'ayant qu'une seule et même source, la révélation dhùne. et un seul et même but immédiat, l'instruction et le bonheur de l'homme , n'est que de la même nature. Comme il n'y a, nous le répétons, qu'un Dieu toujours le même, un IMédiateur divin toujours le même, et une humanité toujours la même, et des rapports entre ces êtres plus ou moins développés et parfaits, mais au fond toujours les mêmes, eux aussi; il n'y a qu'une seule expression vraie de ces rapports, une seule religion vraie, toujours la même : la religion que, dès le commencement du monde. Dieu a révélée à différentes reprises par lui-même, par les anges, par les prophètes et enfin par son propre Fils. Le dépôt auguste de cette révélation, quant à ses principes généraux, se rencontre dans l'humanité; quanta son développement complet et parfait, à ses preuves positives^, et aux monuments de sa vérité pure et infaillible et de sa divinité, il ne se trouveque dans l'Église. Il n'y a donc pas deux catégories différentes, de vérités religieuses et morales, l'une du ressort de la philosophie, l'autre du ressort de la théologie; mais il n'y a qu'une seule et même catégorie de ces vérités, exposée d'une manière différente, et à des points de vue différents, par la philosophie et par la théologie. A parler exactement, la philosophie ne possède pas ces vérités par elle-même, pas plus que la théologie ; mais l'une les puise dans l'humanité, l'autre dans l'Église. L'une les développe, les démontre par rapport à leurs principes généraux, naturels, par le raisonnement; l'autre, par rapport à leurs principes surnaturels et divins, par l'autorité. Lorsqu'on a affaire à des hommes en dehors du christianisme, qui ne connaissent pas et qui ne croient pas encore à la divinité des Livres saints et des traditions de l'Église, la théologie catholique a toujours tâché de les ramener d'abord à la croyance des vérités générales, des préambules de la foi, par la méthode philosophique ou par le raisonnement. C'est dans ce but que l'Ange de l'École a composé son admirable Somme contre les Gentils, l'apologie la plus complète et la plus parfaite de la vérité de l'unique religion vraie, du christianisme, mais au point de vue philosophique, et par des preuves empruntées au raisonnement et aux traditions humanitaires. Le rationalisme de ces derniers siècles, que le protestantisme introduisit dans la religion et le cartésianisme dans la science, a diminué les vérités parmi les /ils des hommes, au point que, dans les pays jadis les plus chrétiens, l'immense majorité de la bourgeoisie n'a plus la foi au christianisme, et qu'elle n'est que (/enfile dans toute la rigueur du mot, et même pire que les Gentils. La science sacrée ne demanderait donc pas mieux que de s'associer la science humaine, et de la faire travailler à éclairer, pour sa part, ces malheureux gentils, mais toujours sous sa direction, comme