I.rS TROTS PLUS GRANDS f.KMKS DU MONDK
insinuer que saint Paul était tout bonnenirnt un pélagien , saint Augustin un rafionalisfe et saint Thomas un muiériaUsie. C'est au point qu'en relevant, pour les réfuter, de telles appréciations, nous avons été obligé de nous abstenir de toutes indications précises , de peur de compromettre par trop la réputation scientifique de certains ecclésiastiques dont, d'ailleurs, nous reconnaissons le talent et estimons le caractère , de peur qu'on ne pensât que nous en voulions aux personnes dont nous ne faisons que regretter et combattre les dangereuses doctrines. Du reste, nous ne risquons rien par cette réserve ; le semi-rationalisme n'a déjà que trop habitué nos lecteurs à toute espèce d'excentricités, d'énormités et de contradictions, pour qu'on puisse soupçonner que ce que nous allons lui attribuer ici soit de l'exagération ou de la calomnie.
Cependant , nous ne le combattrons ici , tout d'abord , qu'au sujet des jugements faux, téméraires, insolents, qu'il a prononcés sur le compte de saint Augustin au point de vue philosophique ; car , quant aux doctrines erronées qu'il s'est permis d'attribuer, au même point de vue, à saint Paul , nous avons déjà réglé son compte dans l'ouvrage que nous venons de citer. Cette polémique , indépendamment de l'avantage qu'elle aura pour nos lecteurs de les édifier sur l'ignorance et l'injustice dont le semi-rationalisme a fait preuve contre ce grand homme, dont le nom seul commande l'admiration et le respect , aura aussi l'avantage de leur faire toujours mieux connaître les vraies doctrines philosophiques de ce colosse de la science chrétienne. On trouvera donc ici un résumé de la philosophie de saint Augustin. Ce travail n'avait pas encore été fait, que nous sachions, si ce n'est dune manière fort incomplète et fort inexacte, par quelque semi-rationaliste , dans l'intérêt des opinions de son école. Tel est le sujet, telle est l'importance delà première partie de cet ouvrage.
PREMIER CHAPITRE