‹ La philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 46 sur 108 · INDIGNES ATTAQUES BU SEMI-RATIONALISME · texte numérisé non relu

INDIGNES ATTAQUES BU SEMI-RATIONALISME

dehors des choses et sans la matière ; 2° il applaudit saint Augustin d'y avoir substitué la belle et sublime doctrine des raisons ou idées des choses créées, existantes dans l'intellect divin ; et 3" il présente cette doctrine du Docteur Pénitent comme la seule vraie doctrine sur les idées, comme la seule doctrine par laquelle on puisse expliquer la création des choses et la manière dont notre âme obtient la connaissance de tout ce qu'elle connaît.

Témoin un autre magnifique texte que nous venons de commenter (pag. 106). Dans ce texte aussi, l'Ange de l'École, à l'aide d'une heureuse distinction, d'abord prouve que saint Augustin n'a jamais songé à établir la vision directe et immédiate des idées en Dieu, de la part de Thomme^ mais qu'il a seulement établi que l'àme humaine n'a les idées des choses que ;x/;- la lumière de Dieu ; et, en môme temps, saint Thomas adopte purement et simplement cette doctrine de saint Augustin, il la complète et en fait la base de sa doctrine sur la manière dont nous nous formons les idées et comprenons les choses.

Témoins, enfin, les nombreux endroits de ses immortels écrits dans lesquels, en revenant sur la théorie de saint Augustin, il la confirme toujours davantage et y demeure constamment fidèle. Voilà comment saint Thomas se serait éloigné de la doctrine de saint Augustin sur la question capitale de la connaissance et de l'origine des idées.

Il est donc aussi évident que l'évidence même que, par ses inqualifiables reproches contre saint Thomas, le semi-rationalisme, sans en avoir l'intention, s'est fait, ni plus ni moins, le triste écho des déclamations furibondes de Luther, des railleries de mauvais goût de Voltaire, des violentes invectives du rationalisme athée, des critiques téméraires de.s esprits ignorants et légers de l'école cartésienne, contre le plus grand, le plus solide et le plus redoutable des philosophes du catholicisme. Dans tous les cas, enlisant ce réquisitoire injuste et inconvenant contre la doctrine philosophique de saint Thomas, on ne peut s'empêcher de penser que le procureur rationaliste qui se l'est permis, ou ne connaît pas cette doctrine, ou n'en a pas compris le premier mot, Voilà les seules choses dont il faut convenir. De tout le reste, nul philosophe digne de ce nom, nul docteur catholique ne peut convenir, ni n'en conviendra jamais.

§ 31. Rien n'est plus certain que l'existence, admise par saint Thomas, d'tin intermédiaire entre l'intellect et l'idée. — Injustice des reproches faits à saint Thomas, au sujet de la lumière intellectuelle. — Comment une cause créée peut accomplir d<'s œuvres de la Cause Incréée. — Ignorance et parti pris du semi-iationalistne d'abaisser saint Thomas. — Sa théorie sur la connais.sance n'e^t pas péripatéticienne. — Le semi-rationalisme l'a plus insulté en le défendant qu'en l'accusant. — Étrange phénomène d'un philosophe du dix-neuvième siècle, osant .te poser en censeur de la philosophie de saint Thomas, admirée et respectée par tous les philosophes chrétiens pendant six siècles.

A propos des espèces sensib/es, ou des fantômes des choses extérieures qui, par la sensation, se produisent dans la phantasîe, et desquelles, d'après saint Thom;!S, l'intellect agissant extrait les espèces intclliyiblea , notre critique a écrit encore ceci : «Il « y aurait plusieurs réflexions à faire sur cette psychologie; on « pourrait, sans doute, chercher la raison de ces intermédiaires « d'un autre genre, et démontrer l'inanité (sic) de cette hypo- « thèse. » ]Mais n'est-ce pas un faiiconstant;, certain, évident, que, lorsque nous regardons un objet quelconque, outre l'impression physique que nous en éprouvons sur notre œil , il se peint aussi dans notre imagination, de manière que son fanlômeou son image y demeure gravée, et que nous pouvons nous le rapi)eler longtemps après que l'objet qu'elle représente n'est plus sous notre regard? N'est-ce pas un fait constant, certain, évident, que, de même que la cire, outre la pression matérielle, reçoit aussi en elle la forme idéale du cachet sans sa matière, de même nos sens, outre la modification sensible qu'ils éprouvent par la vision ou le contact d'un objet extérieur, le reçoivent aussi en eux d'une manière intentionnelle, et en transmettent l'image dans la partie sensitive de l'âme? N'est-ce pas un fait constant, certain, évident, que la forme sensible existe d'une manière dans la chose extérieure à l'âme, et d'une autre manière dans le sens interne qui reçoit les formes sensibles, séparées de la matière qui en est le support ?

Rien n'est donc plus vrai, plus commun, plus clair, que ce que le Docteur angélique appelle « La réception des espèces « sensibles, de la part de la faculté sensible de l'âme; Recepdo « per animam sensitivam, specierum semibilium. » Qu'est-ce

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donc qui a pu autoriser notre critique à reprocher^ à cette occasioUj à saint Thomas d'avoir admis sans raison des interniédiaires de sa création entre la sensation et l'idée; d'avoir bâti sa psyciiologie sur unehypothè-^e dont il serait très-facile de démontrer Vinanite? A t-on jamais été plus gratuitement impertinent à l'égard de saint Thomas?

La théorie de saint Thomas , de V intellect agissant, en vertu d'une lumière d'en haut , a inspiré à notre critique la pensée de s'adresser à lui-même ces nouvelles questions : « Que faut-il « entendre par cette lumière intellectuelle que saint Thomas « place dans la raison? Est-elle créée? Le saint Docteur ne Taf- « firme pas. Si elle n'est pas créée, est-elle une vraie partici- « pation à la lumière divine incréée? Alors, comment refuser « d'admettre la vision des vérités nécessaires, des raisons éter- « nelles, selon le sens de saint Augustin? Les raisons éternelles « sont-elles différentes de la lumière éternelle? »

De pareilles questions nous étonnent de la part d'un critique qu'on doit supposer avoir lu l'auteur qu'il réfute; car saint Thomas n'a pas attendu d'en être interrogé, pour nous dire ce qu'il faut entendre par cette lumière intellectiielle qu'il place, non dans ta raison, mais dans Tintellect. Il n'a pas r/j(/?"/v;?f\, il est vrai, que celte lumière soit créée; car la création n'a rien à faire ici. Mais il n'a pas négligé d\iffirmer que c'fst une certaine participation A LA. LUMiÈuE DIVINE incbeée; Iiitellectus ayens est participalio quxdam luminis divini. Pourquoi l'interroge-t-on encore, et lui demande-t-on de dire ce qu'il a dit dans les termes les plus clairs et les plus précis? Est-ce loyal d'insinuer que l'auteur qu'on attaque ne s'est pas expliqué assez nettement sur un point capital de la question, sur lequel il s'est cependant nettement expliqué? Une telle interrogation n'est et ne peut être que captieuse; c'est une manière conmie une autre de rapetisser son adversaire. Par \h on laisse croire qu'il s'est gardé de s'expliquer, de peur d'être pris en contradiction par sa propre explication. Aussi notre critique se hâte de faire remarquer que, si saint Thomas avait affirmé que la lumière de l'intellect est une participation à la lumière incréée, il se serait contredit, puisqn'// rejuse d'admettre la vision des vérités nécessaires, des raisons éternelles dans le sens de saint Augustin, et puisque les

raisons éternelles ne sont pas différentes de la lumière éternelle. En lisant cette inconvenante et audacieuse critique, on ne peut s'empêchei' do croire que c'est un parti pris de la part de son auteur, de surprendre saint Thomas en contradiction avec lui-môme, et de l'abaisser même au point de vue de la supériorité de sa logique et de la perfection de sa foi que personne, depuis six siècles jusqu'ici, n'avait osé lui contester.

En avouant ce qu'il avait fait semblant d'ignorer, que saint Thomas a vraiment appelé la lumière intellectuelle ?me ressemblance que nous partageons avec la lumière incréée, notre critique poursuit en ces termes: «Faut-il entendre par cette ressem- « blance de la lumière incréée, une puissance créatrice, en quel- « que sorte donnée à l'intellect humain, et qui la rendrait apte « à tirer d'elle-même et des sensations, à V imitation de l'éter- « tielle cjénéralion du Verbe en Dieu, les vérités nécessaires, «absolues, immuables, universelles?» Oui, Monsieur, c'est précisément cela. Car, vous venez d'entendre, non-seulement saint Thomas, mais saint Augustin lui-même (§8, pag. 52) affirmer que l'intellect humain tire de lui-même, à l'imitation de l'éternelle génération du Ve?'be en Dieu, les idées on les formes universelles des choses que vous appelez les vérités nécessaires, absolues, immuables, universelles.

« 3Iais, si ces vérités, continue notre critique, sont une pro- « duction de la pensée humaine, l'efR't est plus grand que la «cause, il la dépasse, il est meilleur qu'elle; nous créons le «nécessaire, l'universel, et les notions les plus claires de la « raison se trouvent renversées. L'intelligence peut apercevoir les « vérités nécessaires, mais les créer, les produire môme à l'aide « de l'abstraction et de la génération, jamais. » Qui vous a dit tout cela ? Vous ne niez pas, je pense, les miracles des Saints. Et, cependant , en opérant des miracles, ils produisent des effets que la puissance de Dieu seule peut produire. Mais laissons de côté l'ordre surnaturel. L'homme, nous le répétons encore ici , engendre l'homme, et, en quelque sorte, le crée. Nierez-vous la génération sous le prétexte qu'en l'admettant Veffet serait plus grand que la cause, qu'il la dépasserait, qu'il serait meilleur qu'elle, et que l'homme créerait Vhomme^ ce qui n'est que le propre de Dieu ? Certainement non. Et pourquoi ? si ce n'est

parce qu'il ne répugne pas qu'une cause créée, en vertu d'une faculté que lui aurait communiquée la CAUSE INGRÉÉE, produise un effet au-dessus de sa condition de cause créée ; si ce n'est parce que, dans ces cas, la cause première du phénomène serait la cause incréée, et la cause créée n'y serait que comme cause seconde; et, dès lors, il y a équation entre la cause et l'effet. Voilà une doctrine par laquelle voire raison à vous pourrait bien se irotiver renversée, parce que bien des fois elle éprouve les défaillances du sommeil, mais qui assurément ne renverse pas LA RAISON. Car rien n'est, au contraire, plus raisonnable qued'admetlre que le Dieu qui , d'après saint Paul, en partageant, en quelque sorte, sa paternité éternelle avec l'homme, Fa rendu apte à engendrer Ihomme, en partageant avec lui sa lumière éternelle, l'ait rendu apte à rencontrer les vérités nécessaires, les idées éternelles. Rien donc ne peut vous donner le droit de décider d'un ton si tranchant : Que fintelligence ne peut SPMk\S), même A L'AIDE de l'abstraction et de la généralisation, produire les vérités nécessaires, les idées. Et moins encore vous avez le droit de donner, à la suite d'un raisonnement qui ne raisonne pas, un coup de pied si irrespectueux à la philosophie de saint Thomas, comme vous avez eu le courage de le faire par ces incroyables paroles : « Les prin- « cipes de saint Thomas sur la connaissance humaine sont donc « difficiles à saisir et à concilier entre eux. b

Mais voici des paroles plus excentriques et, tranchons le mot , plus insolentes encore. «Selon saint Thomas, dit le même au- « teur, j'aurais en moi une lumière divine, et je chercherais « l'origine de mes connaissances spirituelles dans quelques obs- « cures et fugitives sensations. Elles peuvent être les conditions « du développement de rintelligence, sa cause, jamais. Mais « alors le système d'Aristote succombe, et la partie purement « péripatéticienne de la théorie de saint Thomas périt avec le « système dont elle n'est que la reproduction. »

Oui, selon saint Thomas, vous avez w&xmeDX eji vous une lumière divine, PAR laquelle votre intellect agissant se forme, LUI, les idées, sans le inoindre secours (saint Thomas vous le répète à chaque ligne) de l'organe corporel. Libre donc à vous, si l'envie vous en prend, d'aller chercher à la suite d'Épicure,

l'origine de vos connaissances spirituelles dans quelques obscures et fiKjiiives sensations; mais la théorie de saint Thomas ne vous y oblige pas.

Vous avpz raison et bien raison de dire que, non les sensations, mais les fantômes, résultant des sensations, penvenl être les conditions du développenv-nt de l'intelligence ; sa cause, jamais. En effet, saint Thomas, ainsi que vous venez de le voir, ne dit pas autre chose.

il a dit aussi : « Il faut admettre que les espèces intelligibles « auxquelles participe noire intellect appartiennent , comme « à leur première cause, à un principe qui soit intelligent par «son essence, c'est-à-dire à Dieu; mais que de ce principe « elles procèdent en nous par le moyen des formes des cho- « ses sensibles et matérielles, à l'aide desquelles nous formons « notre science, comme l'a dit saint Denis (lAréopagite) (1). » Ainsi, pour saint Thomas, toutes les idées des choses se trouvent originairement dans l'intellect divin, comme dans leur principe et leur cause. Les formes , la nature, la quiddité de chaque chose ne sont que 1 idée que Dieu en a, de toute éternité, conçue dans son intellect; qu'il a réalisée en dehors de son intellect dans le temps, et qui, de l'état purement intentionnel, est passée à l'état sensible : comme la maison bâtie n'est que le dessin que l'architecte s'en était formé, ou avait conçu dans son esprit ; qu'il a réalisé en dehors de son esprit, et qui, de l'état intentionnel , est passé, lui aussi, à l'état sensible. Mais l'idée divine, la quiddité ou la conception universelle de la chose matérielle ne se trouve que particularisée dans la chose même; car tout être matériel n'est que particulier. 11 n'existe dans la création que CET homme ou CES hommes; mais L'HOMME en général, l'homme dans sa quiddité ou conception universelle de sa nature, n'existe que dans l'intellect divin. On vient de voir (pag. 106) comment, à l'aide de la lumière d'en haut, qui cons-

(1) « Dicemlum quod sppcics intelligibiles quas participai noster intellectus, " rcducuiitur, sicul in [irimam causam, in aliqtiod itrincipium i er suam essen- « tiarn inlcliigil)ile, scilicet in Deuni. Sed ab illo printipio pioceduiit median- « libus fonuis reruni sensibilium et materialiuni quibus scieutiani toiiigiiniis, " ul Dionjsius dicit (1. p. q. 8i, art, 4, ad 1). ><

tituc l'intellect humain en acte, cet intellect rencontre les formes des choses telles qu'elles existent dans l'intellect divin. Et c'est de ce PRINCIPE que, comme nous l'avons exposé plus haut, elles procèdent, AU MOYEN des formes sensibles et matérielles, à l'AIDE desquelles nous formons notre science, connne l'affirme saint Denis.

Ainsi, selon saint Thomas, les formes sensibles et maternelles ne sont que des moyens, des secours ou, si l'on veut, des conditions du développement de V intelligence; mais la cause des idées, jamais ; puisqu'elles ont en Dieu leur PRINCIPE, et ne se révèlent à l'homme que par la lumière de Dieu.

On a vu déjà plus haut que c'est sur les textes formels de l'Écriture sainte et en suivant pas à pas saint Augustin, que saint Thomas a établi cette sublime doctrine. On vient de l'entendre, dans le passage que nous commentons, nous affirmer que c'est là l'enseignement de saint Denis, le premier des philosophes du christianisme. Notre critique nous permettra donc encore une fois de nier formellement (\w'une partie de la théorie de saint Thomas soit purement péripatéticienne, et que cette théorie (différente du système d'Aristote autant que la lumière l'est des ténèbres) soit la reproduction de ce système, devant succomber et périr avec lui.

Enfin, voici le bouquet d'injures par lequel notre auteur semirationaliste termine son intempérante critique de la théorie toule chrétienne de la Connaissance de saint Thomas :

« La conciliation, dit-il, tentée par le saint Docteur n'a pas « réussi (i). 11 a reçu d'Aristote un principe insuffisant pour exce phquer l'intelligence humaine. La sensation et l'expérience ne « donneront jamais l'origine du nécessaire, de l'absolu, de l'uni- « verscl, de l'infini, qui sont dans la raison. Saint Thomas le « comprend lorsqu'il invoque la lumière de l'Infinie raison, mani- « festée à notre raison bornée. Mais, comme il conserve toujours « le prin iipe péripatéticien ; Mhilesl in intellec'u quodnonprius a fuerit in sensu, il ne nous paraît plus d'accord avec lui-même. « Il était de son siècle. Quel est l'homme, quelque grand qu'il

(l) La vôtre ivussira-t-elle ? l'as plus que n'ii réussi celle de vos maîtres.

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« soit, qui échappe entièrement à l'intlucnce de son temps'? Saint « Thomas a été fait pour dominer le sien ; mais, en instruisant «son siècle, il lui a payé son tribut: c'est la condition bute maine. »

Que le principe d'Aristoie soit insuffisant pour expliquer l'intelligejice humaine, c'est une vérité incontestable et incontestée. Mais que saint Thomas ait reçu d' Aristdte ce principe , et qu'il Vait toujours conservé jusqu'au point de ne paraître plus d'accord avec lui-wême, c'est une insulte à la science et à la religion de saint Thomas^ que les écrits immortels du saint Docteur démentent et contre laquelle la conscience de tout savant chrétien proteste. On peut dire que, dans les emportements de sa haine contre saint Thomas, Luther lui-même (Audin, Vie de Luther^ passim) n'avait rien formulé de plus injuste et de plus sanglant.

Les circonstances atténuantes, par lesquelles notre critique se donne la peine de provoquer l'indulgence de ses lecteurs en faveur des erreurs et des contradictions qu'il attribue à saint Thomas, ne sont que des impertinences nouvelles ; cette défense est plus insultante que les accusations. D'après cette étrange défense, saint Thomas se serait trompé de bonne foi; il aurait été maîtrisé, entraîné par son siècle ; il aurait été de son siècle, malheur auquel nul homme n'échappe. Mais c'est dire que saint Thomas n'a été tout bonnement qu'un grand imbécile , misérable jouet des erreurs et des préjugés de son temps; c'est dire que, ayant fait d'Aristote son idole et son maître, saint Thomas en a placé la personne au-dessus de saint Paul, la philosophie audessus de la religion. C'est dire que les principes et les théories qu'il aurait volés au Stagyrite, touchant les fondions de l'intelligence humaine, sont demeurés, dans ses mains, impuissants et stériles ; qu'il a même enseigné sur ces matières une doctrine dégradante, incomplète, contradictoire, incompréhensible, absurde ; c'est dire enfin que saint Thomas philosophe n'est au fond que le plus pitoyable et le plus dangereux de tous les philosophes.

Voilà ce que, sous les formes d'une politesse affectée, le somirationalisme s'est permis d'insinuer contre saint Thomas ; voilà la liberté dont il se croyait en possession, de discuter la philoso-

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