TERMINOLOGIE DES IDEES. L'UNITE
comme un mur, une machine, un échafaudage de bois, et tout composé artiticiel.
L'un continu, selon la ludure ^ est ou entièrement uniforme , comme une ligne droite ou un cercle ; ou non entièrement uniforme , comme deux lignes qui forment langle qui les unit ensemble et en fait un continu.
Tout continu est ux; mais celui-là est plus l\\, dans lequel le mode d'union des parties est plus simple et plus indivisible, comme le mode de continuité de la ligne droite est plus simple et plus indivisible que le mode de continuité de deux lignes formant un angle. .
N*" 35. L'IIn par soi, par la forme.
La seconde nuance del'uN par soi est, dit saint Thomas (/6«d.), la spécialité par laquelle la chose est non - seulement continue, mais constitue un tout, ayant une forme ou une Ji g ure. Tout être animé, un homme, une brute, une plante, et tout être figuré, une statue, un portrait, un édifice, sont des êtres uns de cette nature. Dans cette espèce d'uN , outre l'unité du continu, il y a l'unité , résultant de la forme ou de la tlgure , soit par la nature soit par l'art.
Ce qui est un par la nature a en lui-même la cause par laquelle il est continu ; il est donc, encore une fois , plus un que celui qui ne l'est que par l'art. La raison de la plus grande unité, ressortant de ces deux modes, est en ceci : Qu'un tel un est un tout toujours continu , par rapport au lieu et par rapport au temps. Par rapport au lieu, parce que, quel que soit le côté vers lequel se meut une partie de ce continu , ses autres parties se meuvent vers le même côté. Par rapport au temps , parce qu'au même instant qu'une partie de ce continu se met en mouvement, le tout se meut aussi.
n° 3C. L'I'n par soi , par l'Espèce et par le IVonibre.
Certaines choses (saint Thomas, Jbid.) se disent unes, non par un mode, mais par une raison. Ce sont les choses dont l'intelligence ou l'idée est une, ou qui se perçoivent par une seule appréhension indivisible de l'esprit. Ces choses sont de deux genres :
27a § 38. PHILOSOPHIE CHUETlt^RE.
1" ce sont les choses unes par l'espèce, et 2" ce sont les choses unes par le nombre.
L'un par le nombre est l'un indivisible qui n'est pas prédicablc de plusieurs choses ; c'est le singulier. L'un par Y espèce est l'un indivisible seulement selon rintellecl ou la science . comme l'idée de l'honuneoude l'espèce humaine. Cette idée, renfermant tous les individus de la même espèce, paraît de premier abord devoir exclure l'unité; et, cependant, puisque linlellect appréhende comme un ce dans quoi tous les inférieurs se rencontrent , l'idée de l'espèce est une et indivisible.
N" 37. L'L'ollé avec la plaralité daus rhomme et en bieu.
11 y a donc quatre catégories de l'unité : i" l'unité du continu; ïi" l'unité du tout; 3" l'unité du singulier; et -l" l'unité de l'universel ou de l'espèce. C'est que , de différentes manières , ces unités renferment toutes Vindivisé; en sorte (\\\c la nature, la raison de I'ln est dans l'indivisible.
Mais si l'unité consiste proprement dans l'indivisibilité, il est aussi de la nature de l'unité d'être la première mesure en toutes choses. Car la mesure (dit saint Thomasj n'est que ce qui fail connaître les degrés de la quantité de la chose, et ces degrés ne se connaissent que par l'unité prise une seule fois ou répétée plusieurs fois, comme lorsqu'on dit : la longueur, la hauteur de ce mur est d'un pied ou de dix pieds (dix fois un pied).
C'est ce que, dans l'intérêt du but de cet écrit, nous devions faire remarquer touchant l'uix par soi ; quant à I'u.n par acci- DEiMT , il nous suffit d'observer que cette espèce d'unité a , elle aussi, sa raison dans l'un par soi. Pierre se trouve être, en même temps, honnête, savant, riche, etc. Ce sont des qualités ou des accidents ( n° H); ce sont des qualités diverses et distinctes, ce sont plusieurs qualités. Mais comme elles se rencontrent dans la môme personne, ces trois termes honnéU;, savant, riche, sont un par acci lent, en raison de Vunilé par soi du sujet auquel elles se rapportent.
A plus forte raison les qualités essentielles de l'être lis par soi . qui constituent sa nature, quelque réellement distinctes et multiples qu'elles soient, ne détruisent pas, n'altèrent pas son unité.