DE LÀ PHYSIQUE MODERNE
séquent aussi, de vraies évaporations y ont lieu. En effet, lorsqu'on ouvre l'estomac de l'animal récemment abattu , on y trouve les aliments à l'état de coction , tout fumants et exhalant et poussant en haut des matières subtiles.
Tout le monde sait que les maux du cerveau, comme les congestions cérébrales, se manifestent par des tiraillements dans l'estomac et par des maux de cœur; tout le monde sait que, vice versa, les maux de l'estomac, comme les indigestions, se traduisent par de fortes migraines qui, à leur tour, ne cessent que lorsque l'estomac s'est débarrassé des matières qui lui pesaient; tout le monde sait, enfin, que c'est particulièrement dans la matinée, c'est-à-dire lorsque, l'œuvre de la digestion étant complètement achevée, l'estomac ne transmet pas d'exhalaisons au cerveau, que c'est alors, disons-nous, que l'on se sent la tête plus dégagée, plus libre; que Ton rencontre les idées plus claires, et que le matin est généralement le temps propre pour les travaux de l'esprit.
Or la science médicale sait très-bien tout cela, puisque tout cela est su par tout le monde. Le semi-rationalisme n'a donc pas le moindre droit d'en appeler à cette science pour nier, comme il le fait, toute action de l'estomac sur le cerveau, et du cerveau sur l'estomac. Voyons maintenant si les physiologistes modernes sont plus autorisés de nier, comme ils le fout, à leur tour, l'existence du sens
COMMUN INTÉRIEUB, du SENSOBIUM et deS ESPRITS ANIMAUX daUS
l'homme.
Il est incontestable que l'âme sensitive se rend compte non-seulement des différentes couleurs^ des différents sons^ des différentes saveurs, des différentes odeurs^ des différents attouchements, mais aussi de la différence existant entre les couleurs et les sons, entre les sons et les saveurs, entre les saveurs et les odeurs, entre les odeurs et les attouchements. La faculté sensitive de l'âme est donc manifestement double : d'une part, elle perçoit et distingue les différentes sensations qui lui arrivent par chaque sens particulier; de l'autre, elle perçoit et distingue les sensations de chaque sens particulier des sensations de tous les autres sens, ou des sensations qui lui sont transmises par tous les sens ensemble. JNier cette seconde faculté de l'âme sensitive, c'est nier l'évidence. Or c'est celte faculté que les scolastiques appellent SENS COMMUN (intérieur).
Ce mot est aussi bien choisi que la chose qu'il indique est vraie et réelle. C'est par un seul et même sens intérieur que l'àme juge les différentes sensations de chaque sens; de manière que, comme la vue, par exemple, est le sens commun des couleurs, l'ouïe, des sons, l'odorat, des odeurs, etc., de même c'est par un seul et même
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sens intérieur que l'âme juge les différentes sensations de tous les sens. Rien n'est donc plus juste que de nommer cette faculté sens