POUH LA. CONVERSION DES BATIONALISTES
farouche et indiscret ! Mais voyez aussi comment ce même Dieu sauveur en agissait avec les pliarisiens. Avec eux il paraissait oublier, en quelque sorte, sa miséricorde , sa douceur et sa bonté. Il les accueillait avec la plus grande froideur; il ne leur pardonnait rien; il ne faisait tomber sur eux que des regards de colère {circumspi' ciens eos cum ira. Mar,). Il ne leur adressait que de sanglants reproches ; il ne les appelait que race de vipères , génération méchante et adultère, séindcres blanchis, monstres d'hypocrisie, d^ivarice, d'ambition, de cruauté; êtres odieux à Dieu et aux hommes, neptouvant échapper à la colère céleste qui allait éclater sur eux.
Il est vrai que ces paroles, constamment sévères, de la Sagesse Incarnée, à regard des pharisiens, ont paru étranges à quelques incrédules. Mais saint Thomas les a complètement justiliées. L'article qu renferme cette justiflcation est ainsi intitulé : Si Jésus-Chbist aubait
DU , DAKS SA PEÉDICATIOjV, ÉVITER TOLTE OFFEKSE AUX JuiFS : Vtrum
Christus debuerit Judms ^ sine eorum offensione, priedicare"? 'EX voici comment le saint Docteur répond à cette question :
« Il faut affirmer que le salut de la multitude doit toujours être pré- « féré à la paix des individus QUELS QU'ILS SOIENT. Par consé- « quent , si l'on rencontre de ceux qui , par leur perversité, empêchent « le salut de la multitude, le prédicateur, aussi bien que le docteur, « ne doit jjas se pr€0ccuj)er de la crainte de les blesser, mais il « doit poursuivre son but de pourvoir au salut de la multitude. Or les « scribes, les pharisiens et les princes des prêtres étaient, par leur ma- « lice, le plus grand empêchement du salut du peuple, tantôt en s'op- « posant à la doctrine de Jésus-Christ, de laquelle venait ce salut, « tantôt en corrompant, par le scandale de leurs mœurs, la vie du « peuple. C'est pourquoi le Seigneur continuait toujours à enseigner « la vérité qu'ils haïssaient, et à blâmer leurs vices en public, sans « faire la moindre attention à leur susceptibilité et au danger de « les blesser. En effet, saint Matthieu rapporte que, les disciples ayant « dit un jour au Seigneur : — Vous savez que les Juifs, vous ayant « entendu parler comme vous venez de le faire, se sont scandalisés; « — Jésus-Christ répondit : — Laissez-les dire et penser ce qu'ils veu- « lent; car ils ne sont que des aveugles, prétendant se faire les guides « d'autres aveugles. Or, si un aveugle veut se charger de conduire « un autre aveugle, tous les deux finissent par tomber dans la même « fosse (1). »
(t) «Dicendum quod salus multitudinis est praeferenda paci quorumcumque < singularium homiaum. Et ideo quando aliqui sua perversitate multitudinis sa-