POUR LA CONVERSION DES BATIONAUSTES
Troisième orjection. « L'Apôtre a dit : Ne reprends point dure- « ment les vieillards, mais avertis-les comme tes pères. Mais les « prêtres et les princes des Juifs étaient les vieillards de ce peu- « pie. Donc il paraît que Jésus-Christ ne devait pas les traiter si du- « rement. »
RÉPONSE. « La sentence de l'Apôtre, qu'on oppose, ne doit s'enten- « dre que de ces vieillards qui sont tels non-seulement par l'âge et par n l'autorité, mais aussi par l'honnêteté des mœurs. Quant à ceux qui, « eu péchant publiquement, changent en instrument de malice l'au- « torité que leur donnent l'âge et le savoir, ils doivent être publique- « ment et durement repris, comme l'a fait Daniel en appelant un « vieillard de cette espèce un misérable blanchi de mauvais jours (1). »
Nous livrons, sans commentaire, à ceux qui trouvent par trop dure notre polémique, cette belle et lumineuse justiGcation de la conduite du Sauveur du monde, à l'égard des pharisiens , les vrais philosophes imposteurs parmi les Juifs. C'est aussi la justification, sur tous les points, de notre conduite à l'égard des philosophes imposteurs, les vrais pharisiens parmi les chrétiens, et qui l'emportent de beaucoup, sur les anciens, par leur obstination, par leur aveuglement, par leur orgueil et par le mal immense quik font à la foi des peuples.
Formés à son école , les apôtres et les premiers disciples de Jésus- Christ ont toujours traité avec la plus grande sévérité les descendants des pharisiens, les maîtres d'erreurs, les ennemis de la vérité. Saint Jean lui-même, cet apôtre, ce modèle, ce prodige vivant de la douceur de l'Évangile, défendait aux premiers chrétiens, même de les saluer : Neque ave eis dixerilis. Saint Paul, s'étant trouvé, ùSalamine, en présence de ce fameux imposteur, Élymas, pour tout compliment l'apostropha ainsi : O foi^ plein de totife malice et de toute fraude^ fils du diable^ ennemi de toute justice {.îcC, XIII).
« Me reconnais-tu ? » dit à saint Pol} carpe l'hérésiarque Marcion. Oui, reprit le saint martyr,^'e te reconnais jyour le fils aine du diable. TertuUien, Aruobe, Lactance, Clément d'Alexandrie, tous les apologistes de la religion jusqu'à Bossuet, saint Irénée, saint Grégoire de Nazianze, saint Jérôme, saint Ambroise, saint Augustin, saint Chrysostome, tous les Pères de l'Église jusqu'à saint Bernard, tous les
(i) " Dicendum qnod illud verbum Apostoli est intelligendum de illis seniori- •< bus qui non soliini relate vel auctoritate, S(;d eliam honestate sunt senes. Si « autem aucloritatem sfMiectulis iustrumentum nialitiœ verterel pulilice ptc- <c caiulo, sunt maiiiresle et acriter arguendi, siciit et Daniel dixit : Inveleraie die- « rum uialoruui (Dan., xiii). •>