‹ La philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 98 sur 108 · G IH« APP. HYPOCRISIE ET ORGUEIL DES RATIONALISTES · texte numérisé non relu

G IH« APP. HYPOCRISIE ET ORGUEIL DES RATIONALISTES

conciles jusqu'à celui de Trente, tous les souverains pontifes jusqu'à Pie IX, n'ont été rien moins que doux et bienveillants à l'égard des philosophes et des hérétiques. Il n'y a pas d'épithètes flétrissantes qu'ils leur aient épargnées. Ils les ont appelés scorpions, serpents, vipères, renards, empoisonneurs des peuples, peste du monde, bourreaux des âmes, satellites de Satan, remplis de son esprit et voulant accomplir ses œu\Tes, etc.

Or, derniers rejetons du protestantisme, nos rationalistes ne sont que les vrais et les plus dangereux hérétiques, ne sont que les >'rais pharisiens de notre temps : avec moins d'esprit et de savoir que leurs prédécesseurs et leurs pères, ils ont la même ambition, le même orgueil, la même idolâtrie d'eux-mêmes, le même mépris du vulgaire, la même fureur d'opprimer le peuple par la pire de toutes les oppressions, l'oppression de l'esprit et de la conscience^ par l'imposition de fausses doctrines; le même esprit de monopole de tout et de la science en particulier; le même zèle satanique à égarer les masses dans les sentiers de l'erreur et à leur fermer la voie de la vérité; la même résistance au Saint-Esprit; et surtout la même haine de Jésus-Christ, la même jalousie de sa divinité et la même fatuité sacrilège à le détrôner et à se mettre à sa place !

Or, avec de tels gens, il ne faut pas, la divine Sagesse nous l'a appris par son exemple, de la miséricorde, mais de la justice; il ne faut pas de la douceur, mais de la colère. Il faut tonner contre eux; il ne faut pas les cajoler et s'extasier devant eux. Ainsi le souverain Pontife actuel, ce pasteur des pasteurs, dont, d'après le témoignage universel, le caractère distinctif est la bonté; toutes les fois qu'il a parlé à l'Eglise, au nom et dans l'intérêt de l'Église, il n'a pas été doux, mais sévère à l'égard des rationalistes; il ne les a pas caressés, mais les a écrasés sous le poids de sa puissante parole et de ses anathèraes redoutables !

Les derniers conciles, dans leurs décrets, et les évêques, dans leurs admirables mandements, ne les épargnent pas plus que le Chef souverain de l'Eglise.

Les traditionalistes en agissent de même avec ces vendeurs de mensonges, ces maîtres orgueilleux d'erreurs, ces ennemis acharnés de toutes vérités. On nous blâme à ce sujet; on nous dit intolérants, injustes, étrangers à l'esprit de Jésus-Christ; on nous appelle « de faux « apôtres, par la dureté de nos manières, par les fureurs de notre polé- « mique, éloignant toujours davantage du christianisme ceux qui en « sont dehors, au lieu de les y attirer. » Et cependant, pleins d'indulgence et de douceur pour les victimes de l'erreur, pour les peuples égarés, et ne réservant leur sévérité et leur colère que pour leurs bourreaux.

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