LA. VÉBITÉ MÉTAPHYSIQUE ET LA VÉHITÉ LOGIQUE
toujours équation entre ce qu'il est et la manière dont l'intellect divin le conçoit. Mais toute manière dont l'intellect humain conçoit les êtres n'est pas toujours vraie, parce que bien des fois il n'y a pas d'équation entre la manière dont il conçoit la chose, et la chose telle qu'elle est en elle-même.
L'équation infaillible^ invariable^ entre l'intellect divin et les choses, s^appelle aussi vérité transcendante et métaphysique, parce qu'elle est spéciellement dans Tessence des choses, en tant qu'elles sont intelligibles, ou objet de Fintellect. L'équation faillible, variable^ entre Pintellect humain et les choses, se nomme et est proprement la vérité logique^ parce qu'elle est spéciellement dans l'esprit, le logos de l'homme, comme sujet des choses conçues. C'est-à-dire que la vérité métaphysique est Pêtre perceptible par l'intellect humain; et la vérité logiciue est l'intellect hum^im percevant VtivQ. C'est pourquoi celle-là s'appelle encore vérité objective; celle-ci, vérité subjective,
La vérité objective est donc la manière dont les choses sont; la vérité subjective est la manière dont l'intellect les conçoit. Une chose est ou par soi, ou bien par une autre chose ; une chose est ou parce que l'être lui appartient par nature, ou parce que l'être lui est venu par communication et par emprunt. Dieu seul est de la première de ces deux manières ; tout ce qui n'est pas Dieu n'a l'être que de la seconde manière. Tandis donc que toutes les choses faites n'ont l'être que par contingence et par accident. Dieu , le seul être qui a tout fait, sans avoir été fait lui-même, a l'être par essence, par nécessité. Dieu seul est à lui son propre être; Dieu seul est l'être substantiel, l'être subsistant dans toute sa plénitude en lui-même, par la nécessité, l'éternité et la perfection de sa nature. C'est pourquoi il s'est défini lui-même : CELUI QUI LST : Qui est (Exod. III); et a dit : JE SUIS CELUI QUI SUIS : Ego sum qui sum. (Ibid.)
Or, la vérité objective étant la manière dont la chose est , et ce qui n'est pas Dieu n'étant que d'une manière accidentelle, relative, contingente , il n'est ç\\x^ accidentellement , contingemraent et relativement \V2à. Sous le rapport métaphysique, au contraire. Dieu étant d'une manière substantielle, essentielle, nécessaire, absolue, il est substantiellement, essentiellement, absolument et nécessairement vrai sous le même rapport; il est même la seule m. 2
vérité substantielle, la seule vérité essentielle^ la seule vérité nécessaire^ la seule vérité absolue. C'est dans ce sens que Jésus- Christ a dit : Je suis la vérité : Ego sinn ven'tas {Joan. XIV, 6), et que saint Jean a dit : Dieu est vérité : Christus veriias est (I Joan. \, 6). Car, comme les hommes sont^ vivent et ressuscitent, mais, seul. Dieu est l'être substantiel, la vie substantielle et la résurrection substantielle : Ego sum qui sum. Ego sum resurrectio et vita [Joan. W, ^5) ; de même tout ce qui existe es^ vrai; mais Dieu seul est substantiellement la vérité : Christus veritas est.
Dans la présente discussion sur la connaissance de la vérité par la raison, il ne s'agit pas de la vérité dans ce dernier sens, ou de la vérité métaphysique et objective , mais seulement de la vérité logique et subjective, que l'esprit humain possède lorsqu'il conçoit la chose comme elle est objectivement et réellement en elle-même, et qu'il y a confonnité, équation entre l'intellect et la chose : .Equatio rei et intellectus.
§ 2. Les vérités de Z'ordre spirituel et les vérités de Tordre corporel. — Preuves que, pouvant être utiles, celles-ci ne sont nulleniejit importantes, et que, seules, celles-là sont nécessaires à rhomnie et à la société. — D'après le langage des philosophes, sous le nom vérité, au sens absolu, on n'entend que les vérités religieuses, métaphysiques et morales.
Tout ce qui existe est esprit ou corps. L^intellect humain peut se former des conceptions de tout ce qui existe, et, selon qu^'il y a équation entre ces conceptions de l'intellect et les choses conçues, il peut en posséder la vérité logique. Les vérités logiques sont donc de deux espèces, elles aussi : les vérités dont le terme de l'équation est un être spirituel , et qui se disent vérités de l'ordre spirituel, et les vérités, dont le terme de Téquation est un être corporel, et qui se nomment vérités de l'ordre corporel.
Les vérités logiques de la première catégorie regardent Dieu, ses attributs et ses perfections; la nature, les facultés de l'âme humaine, l'origine de l'homme, sa fm immédiate, sa fm dernière et les moyens de les atteindre; les rapports de l'homme avec Dieu, avec lui-même et avec ses semblables, ou les lois de toutes les espèces, et leur origine, leur but, leur force obligatoire et leur sanction.