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VERITES SPIRITUELLES ET VÉRITÉS PHYSIQUES

Les vérités logiques de la seconde catégorie ont pour terme d'équation les êtres matériels ou les corps, leur origine, leurs éléments, leur nature^, leurs propriétés, leurs conditions, leurs forces, leurs rapports mutuels et leurs rapports avec les êtres spirituels.

Pour atteindre son but et sa perfection, pour être ce qu'il doit être, dans l'ordre religieux, politique, civil, moral, humanitaire, l'homme n'a vraiment besoin que de la possession des vérités de Pordre spirituel. Il en est de même de la société, car ce sont la vérité des croyances, la justice des lois, l'honnêteté des mœurs, le respect, l'amour du devoir et l'esprit de dévouement, bien plus que les avantages matériels, qui sont la base de son existence et les conditions de sa civilisation, de sa force, de sa prospérité et de sa durée.

Les investigations sur les choses purement matérielles, et qui n'ont pas de rapports à Pordre intellectuel et moral, sont pour la plupart vaines, peu utiles et nullement nécessaires.

Si, après de longues recherches sur les causes de certains phénomènes physiques, on ne parvient pas à les deviner, on n'en est que pour la perte de son temps. Si on ne connaît pas la nature des corps, ou qu'on se trompe sur les éléments qui les composent, on n'en continue pas moins à s'en servir et à utiliser leurs quaUtés connues. Mais si l'on ne connaît pas Dieu et ses attributs, l'homme et son origine, sa tin et ses devoirs, ou bien qu'on se trompe ou qu'on prenne le faux pour le vrai sur de tels sujets, tout est compromis, tout est perdu; il n'est pas de bonheur possible pour l'homme pendant la vie et après la mort. A insi, tandis que les systèmes physiques changent, comme les modes et comme les mots; et que chaque siècle a sa physique, que le siècle suivant rejette pour y en substituer une nouvelle : Multa renasceniur, quœ jamcecidere ycadentque, sans que la condition morale de Phomme et Pordre social en soient troublés le moins du monde ; tout changement, au contraire, toute altération dans les croyances religieuses et morales d'un peuple, se traduisent par des changements et par des altérations dans sa manière d'être, et en font le bonheur ou le malheur, en assurent l'existence ou en amènent la destruction. Voilà pourquoi, en philosophie, le mot «Vérité» ne signifie que les équations entre Pintellect et la nature, et les rapports

des êtres spirituels. Développons encore davantage cette importante thèse.

La connaissance des vérités de l'ordre purement corporel est, sans doute, très-utile. Elles fournit et facilite à l'homme les moyens de conserver sa vie terrestre, et l'aide à tirer de la nature corporelle tout ce qui peut améliorer les conditions de son existence, et la lui rendre supportable et même agréable. Mais, sous d'autres rapports, elle ne lui est nécessaire que dans une mesure très-restreinte, en tant que ces vérités de Tordre matériel sont héesaux vérités de l'ordre spirituel, comme le sont les vérités sur l'origine de la matière par création , sur la contingence des lois de la nature, sur l'action réelle des causes secondes, même corporelles, sur l'inertie de la matière, sur l'impossibilité que le mouvement des corps ait sa cause dans le corps, et d'autres vérités de la même espèce qui ont un rapport nécessaire avec les dogmes de l'unité de Dieu, de la création du monde du néant, de la pluralité des substances, du gouvernement de la Providence, de la possibilité des miracles, de la spirituaUté et de l'immortalité de l'âme. C'est pourquoi, dans les cours modernes de philosophie, on traite de cette partie de la physique dans la métaphysique, sous le nom de Cosmologie. C'est avec beaucoup de raison, car, tout eu ayant les corps pour objet, elles ont trait aux vérités de l'ordre spirituel, et servent à le prouver et à le faire mieux connaître. Mais quant aux vérités de l'ordre purement cosmographique, leur connaissance, réellement utile et agréable, n'est nullement nécessaire ni à l'homme ni à la société.

En effet, malgré l'ignorance ou le doute dans lesquels on a été, jusqu'à ces derniers temps, sur le mouvement de la terre autour du soleil, sur l'existence et le mouvement d'un grand nombre de nouvelles planètes, sur la cause de Faurore boréale, des vents, du flux et reflux de la mer, sur la composition de l'air et de l'eau, sur la plus grande partie des éléments qui composent les corps, sur la force de la vapeur et de Télectricité, etc., l'homme, la société, le genre humain, n'en ont pa?^ moins existé depuis six mille ans. La connaissance de ces vérités ou plutôt de ces faits, — car cène sont que des faits physiques, expliquant d'autres faits physiques, mais dont la cause véritable et la nature demeurent toujours des mystères, — la connaissance de ces vérités, dis-je, a.

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