‹ La philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 17 sur 76 · VÉRITÉS GÉNÉRALES ET VÉRITÉS PARTICULIÈRES · texte numérisé non relu

VÉRITÉS GÉNÉRALES ET VÉRITÉS PARTICULIÈRES

du vrai^ du bien^ de la grandeur, de la puissance, de la beauté, de la couleur, du son, etc. Les idées ne sont donc que les conceptions universelles ou les êtres de raison que notre intellect se crée à l'occasion des êtres particuliers ou des êtres de nature.

Or, la vérité étant Véqiiatlon entre Vintellect et la chose, les équations entre l'intellect et la manière dont il conçoit, connaît les êtres de raison ou les idées universelles, se disent vérités universelles; et les équations entre Tintellect et la manière dont il conçoit les êtres de nature ou la nature et les propriétés des êtres particuliers, s'appellent vérités particulières.

Ainsi, qu'un être ne peut pas être et non être en même temps; que l^Être infini ne peut avoir ni commencement ni fin; que l'Être fini ne peut s'être donné à lui son propre être; que le tout est plus grand que la partie ; qu'il n'y a pas d'effet sans cause; que telles ou telles propriétés constituent la nature de telles et telles espèces d'êtres, etc. : ce sont là des vérités universelles. Que Dieu a toujours été et ne cessera jamais d'être; que le monde n'a pas toujours existé, ne s'est pas donné l'être à lui-même, mais a été créé du néant; que telle chose est plus grande ou plus petite que telle autre; que tel effet est l'œuvre de telle cause; que l'homme est un animal intellectif; que la brute est un animal sensitif, etc.:ce sont là des vérités particulières. En sorte que les vérités générales sont les conceptions des propriétés, des natures générales communes à tous les êtres ou à une telle série d'êtres indéterminés; les vérités particulières sont les conceptions des propriétés et de la nature particulière et propre à tel ou tel autre être déterminé. On verra tout à l'heure combien est grande Pimportance de cette dernière distinction des vérités.

DEUXIÈME CHAPITRE

des difféeents états de natube, et du naturel et du surjNATUREL dans leurs rapports avec la vérité et avec la

NATURE DE l'HOMME.

§ 4. Les quatre états de Nature de l'homme. — Qu'est-ce que sont le Naturel et TÉTAT DE PUKE NATURE rfc Vlwmme? — Cet état était possible, quoiqu'il n'ait jamais existé. — Ce que, dans l'état de pure nature, aurait été l'homme, par rapport à l'âme, au corps, et sa dernière fin.

r!iNFiN, on distingue les vérités en Vérités naturelles et Vérités surnaturelles, Mais^ afin de faire bien comprendre ce que sont les vérités de ces deux catégories^ il est nécessaire de rappeler aussi la doctrine théologique des différents états de nature,

La théologie distingue quatre états ou quatre conditions différentes , dans lesquelles la nature humaine tout entière a pu se trouver et se trouve sur cette terre^ par rapport à sa dernière fin, selon les dispositions de la providence de Dieu. Ce sont : 1° Vétat dépure nature; 2° Véfat de la nature intègre ; 3" ïétat de la nature innocente et de la justice originelle , et 4° Vétat de la nature déchue et ré]parée par Jésus-Christ.

Le NATUREL , pour les êtres créés, est ce qui est en harmonie avec leur nature, leurs propriétés, leurs forces, leurs besoins , leurs tendances et leur fin. Ce qui en est en dehors ou en dessus se dit surnaturel. Le surnaturel est donc ce qui dépasse l'ordre, les forces et les exigences de la nature de Fêtre créé.

Ainsi, par exemple, qu'un corps vivant meure, c'est naturel ; qu'un corps mort ressuscite, c'est surnaturel. Que Têtre intelligent comprenne, raisonne, veuille ce que, d'après le degré de perfection de sa nature, il est capable de comprendre, de raisonner, de vouloir; que l'être scnsitif sente, choisisse, et se meuve d'un mouvement progressif; que l'être végétatif se nourrisse, grandisse et se reproduise; et enfin que Têtre inanimé demeure inerte ou incapable de se donner lui-même le mouve-

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