‹ La philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 28 sur 76 · SCEPTICISME · texte numérisé non relu

SCEPTICISME

Seuls, les philosophes dont le point de départ a été la foi traditionnelle au dogme du Dieu créateur de l'homme et auteur de sa raison, et aux croyances universelles de l'humanité, sont parvenus à établir la certitude sur des bases inébraulal/ics, à en

CE qu'est la certitude, ses différentes espèces. 40

donner le vrai système, et à assurer à l'homme le précieux patrimoine de la vérité certaine, dont la fausse sagesse, ennemie de l'homme, a prétendu le dépouiller. C'a été en particulier le travail, béni de Dieu, de la philosophie chrétienne, dont saint Thomas est la personnification fidèle.

Ce sont ces systèmes de la fausse et de la vraie philosophie, ou de la philosophie païenne et de la philosophie chrétienne, concernant la Certitude, que nous allons mettre, dans cette deuxième partie de nos Préambules , sous les yeux de notre lecteur. Com^ mençons par fixer la nature de la Certitude et ses différents degrés, et par poser le plus clairement possible l'état de la question.

On vient de voir que la vérité logique est V équation entre V intellect et la chose, ou la conformité exacte entre la chose qui en est l'objet, et la manière dont notre intellect la conçoit.

La SCIENCE (1) de la vérité d'une chose est donc la conception de la chose, de la part de l'intellect, conforme à la chose même. La non-science ou I'ignorance d'une chose est Pabsence de toute manière de la concevoir. L'erreur ou la fausseté sur une chose, c'est la conception de la chose qui n'est ni adéquate ni conforme à la chose même (iî).

L'adhésion de l'intellect à cette conception, vraie ou fausse, qu'il s'est formée de la chose, n'est pas toujours la même ; elle est plus ou moins ferme, plus ou moins complète, ou elle n'est point du tout, selon la manière plus ou moins claire et distincte dont l'intellect conçoit la chose , et selon le plus ou le moins de puissance des motifs qui commandent cette adhésion.

Lorsque l'intellect voit, ou croit voir, d'une manière claire et distincte, que le prédicat de la proposition qui lui est présente est dans un rapport naturel, nécessaire avec son sujet; ou lorsqu'il voit, ou croit voir, qu'il y a équation ou conformité parfaite entre la manière dont il conçoit la chose et la chose même, il adhère à cette conception absolument, sans la moindre réserve,

(1) On ne prend ici ce mot que comme signifiant la connaissance ou la simple notion de la chose.

(2) <c Sicut Veritas consistit in adœquatione rei et intellectâs; ita falsilas « consistit in eoruminsequalitate (D.Thomas, à^Veritate, qua3;t.l7, arf. lo).

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