‹ La philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 40 sur 76 · CKIT. LA CONFORMITÉ DE LA PERCEPTION AVEC LA VÉRITÉ · texte numérisé non relu

CKIT. LA CONFORMITÉ DE LA PERCEPTION AVEC LA VÉRITÉ

firmer dans ses erreurs, et de s'interdire toute connaissance de la vérité.

Le raisonnement, aussi bien que l'expérience, prouvent donc invinciblement qu'il peut bien arriver et qu'il arrive à chaque instant qu'un homme, fût-il même philosophe, soit certain, au dernier degré (ou possède l'évidence) de la vérité d'une proposition de l'ordre intellectuel, physique ou moral; qu'il ait de la vérité de cette proposition une perception claire et distincte; qu'il soit si sûr de sa vérité qu'il ne puisse lui refuser son consentement sans éprouver une peine intérieure, et sans sentir quil fait un usage regrettahle de sa liberté; qu'il croie l'avoir examinée avec une attention médiocre, et même avec une attention exquise et profonde; qu'il pense posséder une raison droite, des sens sains, et ne suivre qu'une autorité légitime et sincère, et n'appliquer ces moyens de connaissance que dans leurs limites naturelles; que l'évidence de la vérité de la même proposition s'est présentée à lui pendant longtemps, et toujours avec la même force et environnée de la même lumière ; et qu^enfm il trouve que cette é\\' dence est parfaitement conforme à toutes ses autres perceptions les plus vraies, et que, de son admission, ne dérive aucune absurdité; et cependant cette proposition peut n^être rien moins que vraie et, quelles que soient la certitude et l'évidence qu'il y voit, il peut se tromper pitoyablement sur sa vérité : Potest certus esse, et intérim errare.

Voilà ce que c'est que le critérium du dogmatisme cartésien, même joint aux critériums additionnels dont l'école de Descartes s'est empressée de Pentourer : un non-sens, un jeu, une ineptie, une vaine lueur, et un aUié, un auxiliaire commode de toutes les erreurs, et nullement un signe certain et infaillible de la vérité.

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