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QUALITES TARTICULIERES DE LEUR MOUVEMENT

aspirant l'air normal, n'expirent que l'acide carbonique, tandis que celles-là respirent par toutes leurs branches, et, en aspirant l'air normal, n'expirent que l'oxygène le plus pur. C'est 2" le mouvement de circulation, inséparable du mouvement de respiralion , et par lequel la masse du liquide qui lui tient lieu de sang circule dans tout le corps de la plante, se consume par la chaleur naturelle, et se renouvelle incessamment par la nutrition. C'est 3° le mouvement de digestion; car, comme l'homme et la brute, la plante fait du chyle ou transforme réellement toutes les substances qu'elle absorbe en substances alimentaires, par lesquelles elle se nourrit, croit et se reproduit. C'est -4" le mouvement A'économie vitale, par lequel toute plante distribue sa sève par toutes les parties de son corps, selon leurs besoins, l'envoie sur tous les points de ses innombrables rameaux, pour y apporter la vie et la fécondité, et s'y métamorphoser en feuilles, en fleurs, en fruits. C'est 5" enfin le mouvement excrémentitiel, par lequel, à l'exemple de tout autre animal, la plante, en retenant la partie nourricière, se décharge, par tous les pores, de la partie excrémentciisc des substances absorbées. En effet, les gommes, les résines, les substances visqueuses, les écoulements des végétaux de toute espèce, ne sont que le produit de leur défécation et de leur transpiration.

Ces faits ont suggéré à saint Thomas les considérations suivantes : « Le composé animé ne se distingue du composé inao nimé que par la vie : car, seuls, les composés animés vivent; « les inanimés ne vivent pas. Il y a différentes manières de vivre. (( Or il suffit qu'un composé, quel qu'il soit, jouisse d'une seule « de ces manières de vivre pour qu'il soit et qu'on le dise un « composé animé et vivant. Les différentes manières de vivre « sont au nombre de quatre. La première est par l'intellect; la « deuxième par le sens ; la troisième par le mouvement et la si- « tuation locale ; la quatrième par le simple mouvement de l'.i- « limentation, de l'accroissement et de la diminution. En effet, « certains composés vivants ne laissent voir que cette dernière « manière de vivre, cette vie par le mouvement nutritif, par lequel (( ces composés croissent ou se rapetissent. Tel/essont lesplantes. (( Dans d'autres composés vivants, outre cette vie des plantes , (( on aperçoit aussi la vie du sens, 'mais privé de la fiiculté du

« mouvement local. Cela se voit dans les animaux imparfaits , « comme les coquilles. Dans une troisième catégorie de compo- « ses vivants, on rencontre les deux manières de vivre, et de « plus la faculté de changer de lieu. C'est la catégoi-ie des ani- « maux parfaits, comme le cheval, le bœuf, les oiseaux, lespois- « sons, etc. , qui , outre les fonctions vcfjrtatives et scnsitiveSy « accomplissent la fonction de se mouvoir d'une manière pro- «gressive. La dernière et la plus noble catégorie des composés a vivants est formée par les hommes, qui, en réunissant en eux « toutes les trois espèces de vie, partagées parmi tous les êtres « animés, seuls jouissent de la vie intellectuelle (I).

« Le simple appétit ne constitue pas une diversité de degrés « de perfection dans les différentes catégories des êtres vivants; « parce que, partout où est le sens, se trouve également l'appétit. « Mais puisque, encore une fois, il suffit qu'un être possède une « seule des quatre espèces de vie que nous avons mention- «nées, pour qu'il soit dit être virant, ON DOIT DE TOUTE « NÉCKSSITÉ ADMETTRE: QUE TOUS LES VÉGÉTAUX SONT « DES ÊTRES VIVANTS, parce que tous les végétaux ont en « eux-mêmes une vraie puissance ou le principe intrinsèque du « mouvement de nutrition, par lequel ils croissent ou s'amoin- « drissent (2).

«Mais cette vertu, ce principe, ne leur vient pas de la na-

(1) « Animafiiin disfiiiguitnr ab inanimato pcr vitam ; animafa cnim vivunt; n sed inanimata non vivunt. Sed ciim multiplex sit vivendi modus, si unus « tantiim illorum insit alicui, illud dicilur animât um et vivens. Porro quatuor « suai \ivcndi mo.li. Quorum uuus esl pei iute icclum; secundus |)er sensus; « tcrtius per motum et staium locale. n; ijuartus per motum alimenti et au- « gmcnli et dei rcincnti. In quibu>dam enim vivcnlibus invcniuntur tantum ali- « mentum, augnientum et dern mentum : sic ut in plantis. In qnibu.sdain autcm, n cum lii.s, invenitur sen.sns, .-ine motu lociii : sicut in an inalibus imperfectis, « ut .sunt ostrea!. In qnibusdam autem, invenitur moins si'ciuidum locum : sicut « in animalibus perlectis, qua' iiiovtMitur motu pro^ressivo : ut cipm.^, bos, voce lucre.s, pisces, etc. In quii)usdam aulem, cum /lis, uUcrius invenitur intellen ctus : scilicet in hominibiis. >'

(2) « Appotitus non facit divor.-;itatem in gradibus vivcntium, quia ubicumque « est sensus, ibi est api»etitus. SihI cum ea, quibus inest unus (juatuor pra'iti- <• ctorum vivemii mo toruin , dicuntur vivere, Ideo vcgetahilia oiiiiiia dicendn <( sunt vivere. INain omnia vegclabilia baheut in se ipsis poteutiaut quaiuJain « et priucipium quo suscipiunt motum augmenti vel decreniciili.»

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