QUALITÉS PABTICULIEEES DE LEUR MOUVEMENT
« tiire de leur corps, mais bien de leur âme elle-même, parce « que ce n'est pas dans la nature du corps de se mouvoir, comme (f se meuvent les plantes, dans des directions contraires. Car « TOUS LES VÉGÉTAUX croissent, non-seulement par en haut, « mais aussi par en bas. non-seulement dans ces deux directions, (( mais aussi dans toutes les directions possibles, et en même « temps. Il est donc évident que le principe de semblables mou- « vements ne tient pas à la nature de leur corps, mais à leur « âme; c'est-à-dire qu'il est évident que tous ces mouvements si « variés, ou plutôt ces opebations, n'appartiennent qu'au prin- « cipe intrinsèque qui est la forme de leur corps, et qu'il faut « leur reconnaître une âme ; car ce n'est le propre que de l'être « animé de croître ou de se modifier lui-même (1). »
Ainsi donc, pour saint Thomas, même les plantes sont des compo.«^és vivants, ayant «une âme; les plantes ont en ellesmêmes le principe, la vertu, la raison, non-seulement de la propriété et de la disposition, mais encore de la variété du mouvement; même le mouvement des plantes ne dépend pas de leur corps, n'a rien de la nature du corps; par conséquent même fàrne des plantes, à laquelle appartient exclusivement leur mouvement, est simple et innnaterielle.
C'est le deuxième argument en faveur de Timmatérialité des âmes. Voici le troisième, tiré de la vertu généra tive dont elles joui.ssenl: la force et la portée de cet argument sont immenses.
§ 101. Troisième argiimenl en faveur de l'iynmatérialité des âmes, résultant de leur vertu d'engendrer. — Cinq conditions de toute génération véritable dans la nature. — La génération est la prérogative exclusive du composé vivant. — La plante jouit de cette prérogative. — Pourquoi les deux vertus nécessaires pour toute génération se trouvent unies dans les végétaux, et séparées dans les animaux par la distinction des sexes. — Distinction des œuvres de la vie — La génération, la plus noble des opérations de la plante, est la moins noble des opérations de
(1) « Hoc antcni principium est anima, non natura. Kani natura non movet « afl contraria loca. Augeiitur cnini vogetabilia oinuia non >olurn sursurn, setl et « deorsum, sed ulroqne modo et ex onuii (arte. Mai ifestuni est crgo quoi prin- " cipiiini horuni n.o loriiin non e-t nalina, sedaniiia; sed niJinifestuni (>st qnod « lii niofns, \el potius istse operationes sunt a principio intriiiseco qiiod est « iilornm corporum forma, et proinde est anima, quia non nisi res animata « altérât vel auget seipsain {Jn Ub. ii, iec. 3, De Anima). »