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322 § 102. IMMA.TÉRIAHTÉ DE L'aME. LA GÉNÉBATION.

philanthropes exigent avec une rigueur brutale de ceux que la nécessité oblige de se dévouer à la défense du pays et même au service des particuliers. Hélas! on ne saurait trop le répéter, ces gens-là ne sont pas plus de vrais philosophes que de vrais chrétiens; ils ne connaissent pas plus la nature et la société humaine, que l'Évangile et l'Église. Ils n'ont donc pas plus droit à la parole dans les questions plnlosopliiques que dans les questions religieuses. Ain^idonc, l'œuvre de la génération, la j)Uis noble parmi les œuvres de la vie des plantes, n'est qu'une a'uvre secondaire parmi les œuvres de la vie des brutes, et n'est qu'au dernier rang parmi les œuvres de la vie de l'homme.

§ 102. Continuation du même sujet Trois preuves que la faculté d'engendrer n'est le propre que de la substance immatérielle. — Renmrqurs particulières sur la vertu infinie, propre à toute génération, et attestant l'immatérialité de la substance qui l'exerce.

Mais, tout infime qu'elle soit parmi les œuvres propres de la vie des composés animés, la génération n'en est pas moins le troisième argument irréfutable en faveur de l'immatérialité de leur âme, y comprise l'âme des végétaux. Nous venons de prouver, avec saint Thomas, que toute plante engendre, dans toute la rigueur du mot, dans toute la réalité de la chose. Nous avons encore établi que, tout ce qui se fait dans le composé naturel no se faisant que par la vertu de sa forme, et la forme de la plante étant son âme végétative, c'est par la vertu de cette âme qu'elle engendre. Or, fondée sur ces principes, certains, évidents, voici comment la philosophie chrétienne prouve limmatcrialilé même de l'âme végétative par sa sublime faculté d'engendrer.

D'abord la génération n'est (juc la naissance d'un être vivant d'un autre être vivant. La vie ne consiste que dans la possession du principe intrinsèque et propre du mouvement. Engendrer donc, c'est produire un être ayant en lui-même ce mystérieux principe, ou lui donner ce même principe. Mais nulle chose ne donne ce qu'elle n"a pas. Si l'âme de la plante confère donc à une autre plante ce principe, c'est qu'elle le possède en ellemême. Mais on a vu aussi que, essentiellement inerte et dépour-

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