‹ La philosophie chrétienneChapitre 119 sur 249 · PROUVÉE PAR SA FACULTÉ DE SENTIR · texte numérisé non relu

PROUVÉE PAR SA FACULTÉ DE SENTIR

grandeur, sa sonorité, et la manière dont il a été frappé, et qu'on nomme «son» . Porté par l'air ainsi ébranlé, ce son ébranle à son tour, par le canal auditif, exactement de la même manière, le tympan de l'oreille. Jusque-là tout est matériel; et ce n'est que par la vertu auditive de lame, ou par l'âme même, opérant dans l'oreille et par l'oreille, que cet ébranlement, pur jeu des corps se heurtant mutuellement, dépose tout ce qu'il a de matériel, devient une conception intentionnelle, et l'âme sent, connaît en elle-même le son, et différents sons, et entend.

L'odeur, sortant des corps, n'arrivant aux narines que par le même intermédiaire par lequel le son arrive à l'oreille, savoir par l'air, le phénomène de l'odorat se produit tout à fait de la même manière que celui de l'ouïe. G est encore l'âme de l'animal qui se forme l'espèce immatérielle des odeurs, et qui perçoit les odeurs par les narines, connue elle entend par l'oreille.

C'est aussi de la même manière que s'opèrent les phénomènes du goût et du toucher, parce que le palais, aussi bien que tout le corps de l'animal, sont affectés, sans intermédiaire, par le contact immédiat des objets qui les modifient. Mais c'est toujours l'âme qui, agissant sur les organes du goût et du toucher, par les nerfs qui , partant du cerveau , se répandent par tout le corps, y compris la langue et le palais , connaît intentionnellement toutes les qualités savoureuses et palpables des corps : le doux et l'amer, le piquant et le fade, le froid et le chaud , le mou et le dur, l'humide et le sec, l'uni et le raboteux, le grand et le petit, le rond et le carré.

Qu'on se rappelle ici la belle doctrine de saint Thomas sur la sensation, que nous avons exposée ailleurs (§ 43, p. 313; : « Le changement , dit-il, que les objets extérieurs produisent sur nos sens est de deux espèces, naturel et SPllilTULL. Le changement naturel est celui par lequel nos sens reçoivent la forme de l'objet extérieur, selon son être naturel, comme la chaleur (qui est la forme naturelle du corps chaud) est reçue dans le corps chauffé. Le changement npiritucl est celui par lequel l'objet extérieur est perçu selon sa forme ou son être spirituel , connue la forme de la couleur (ou de la grandeur) de l'objet aperçu se dessine dans la primelle de l'œil , sans que celle-ci change de couleur (ni ne devienne plus grande). Or ou ne

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