‹ La philosophie chrétienneChapitre 123 sur 249 · PROUVÉE PAB SA FACULTÉ DE DISTINGUER LES SENSIBLES · texte numérisé non relu

PROUVÉE PAB SA FACULTÉ DE DISTINGUER LES SENSIBLES

encore lui qui perçoit , en même temps , et les actions de sens et les résultats de ces opérations, comme celui qui voit connaît à la fois qu'il voit et l'objet qu'il voit. Une pareille fonction ne peut être exécutée par l'un des sens particuliers et propres, parce que chaque sens particulier ne connaît que la forme intentionnelle du sensible de son ressort, par lequel il est changé. Tout ce qui se voit (comme tout ce qui est perçu par les autres sens) produit donc un double changement : l'un dans la faculté visive dans laquelle s'accomplit la vision, et l'autre dans le sens commun qui connaît la vision elle-même (1). »

Mais cette faculté de distinguer les sensations entre elles, de sentir par quel sens elles arrivent et par quel sens on peut se les procurer, n'est pas seulement le privilège de l'âme intellective, en tant qu'elle est en même temps sensitive. L'âme purement sensitive de la brute y participe dans de grandes proportions. La brute aussi distingue très-bien, non-seulement les espèces différentes du sensible propre de chacun de ses sens, mais encore les espèces du sensible propre d'un sens des espèces du sensible propre des autres sens. Car elle sait par quel sens lui vient une sensation, et par quel sens elle peut s'en donner une autre. La brute a donc, elle aussi, outre les cinq sens, un sE>s COMMUN qui les domine et les juge; et dès lors on doit également appliquer à l'âme des brutes les conséquences résultant d'une telle doctrine. Ces conséquences, les voici :

Ne recevant les objets extérieurs que selon leur être naturel, la matière subit leurs impressions, en souffre, en est modifiée, altérée et même détruite ; mais elle ne les distingue pas plus qu'elle

(1) « Sensiis proprius judicat de sensibili proprio, di<cernendo ipsum ab aliis K quae cadunt siib l'odein stiisu; si(ut disceineii lo album a uij^ro vel a viridi. «Sid discfiiiere album a dulci non [lolcst m que visas neque giislus, qiia « oportet qiiod, qui inter aliqua discernit, uirumque coguoscat. Un Je uportet ad <• sensuui communem p^^tinere discretiouis juuicium ; ad quem referuntur si- « eut ad communem lerminum, omnes appreliensiones sensuum, a quo etiarn <i pei cipiuntur acliones sensuum : sicut cum aliquis videt se videre. Hoc enim « non potest furi per sensum proprium, qui nuu cognoscit nisi formam sensi- « bilis a quo immutatiir, in qua imniutatione peificitur \isio, et ex qua immu- « tatione sequilur alia immulatij in seu-u communi qui visiouem percipit « (I p., q. 78, art. 4, ad sectindum). »

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