PBOUYEE PAR LES ACTES ANIMAUX
ni joie ni tristesse , ni calme ni colère ; ne sentant pas^ elle ïv'appète pas. Au contraire, comme on peut, par tout sens, être déterminé au désir ou à la répugnance, il suftit d'avoir seulement deux, et même un seul sens, pour être passible de la part du concupiscible ou de l'irascible. Ainsi les mollusques, qui n'ont que deux sens, le goût et le tact, s'éloignent, par la contraction de leur corps, de ce qui leur est nuisible; et, par la dilatation de leurs membres, cherchent et poursuivent le délectable. Ils appètent, parce qu'ils sentent. Tout ce qui sent appète donc, comme tout ce qui appète, sent.
Ce sont là des faits qu'il est impossible de contester. Voici maintenant les conséquences qui en résultent, au point de vue qui nous occupe.
D'abord, rien de matériel ne change lui-même de place, ne se transporte lui-même ailleurs, n'a la vertu locomotive en propre. Mais les brutes changent elles-mêmes de place, se transportent elles-mêmes ailleurs, ont la vertu locomotive en propre : donc elles ne sont pas entièrement matière ; elles possèdent en ellesmêmes un principe qui n'a rien de matériel, qui est étranger à la matière, et ce principe est leur âme.
En deuxième lieu, n'ayant pas de mouvement propre à elle, et ne pouvant se mouvoir elle-même, la matière ne se rapporte à rien ]iar elle-même, hors d'elle-même. C'est pourquoi les formes substantielles des composés inorganiques, et partant non vivantes, concentrées en elles-mêmes, et satisfaites d'être ellesmêmes, n'étendent pas, par elles-mêmes, leur opération hors de leur propre être. Si elles opèrent sur un autre être, ce n'est qu'à la condition que cet être soit rapproché d'elles, soit mis en contact avec elles, et qu'il aille les trouver où elles sont, puisqu'elles ne peuvent pas aller le chercher où il est. C'est la condition nalur^'lle, nécessaire de tout êtro matériel. Toute forme substantielle, donc, à laquelle il ne suftit pas d'être ellemême, qui a besoin de sortir, en quelque manière, d'elle-même, pour s'épancher sur d'autres objets; toute forme substantielle dont l'activité dépasse son propre être, et aspire à être autre chose, à posséder autre chose, et peut, par ses propres mouvements, l'atteindre , par cela même n'est pas une forme matérielle. Mais la fqrme substantielle ou l'àme de la brute appar-