‹ La philosophie chrétienneChapitre 138 sur 249 · IMMATÉRIALITÉ I>E L'AME SE^'SITIVB · texte numérisé non relu

IMMATÉRIALITÉ I>E L'AME SE^'SITIVB

tient aux formes de cette dernière espèce, parce qu'elle est déterminée, non-seulement à son propre être , mais aussi à l'être des autres, et parce qu'elle se rapporte, non-seulement aux choses qu'elle touche, mais aussi aux choses qu'elle appréhende- Elle est donc une forme ou une âme immatérielle.

En troisième lieu, la théologie morale dislingue nos opérations en actes de l'homme et en acfes finmcivis. Lcx premiers sont ceux qui se font en nous sans nous , in nobis sine nobis, comme la digestion, la circulation du sang, la respiration et tout ce qui s'opère dans notre corps à notre insu et sans la coopération de notre volonté. Les seconds, ou les actes humains, sont ceux que nous accomplissons sciemment et volontairement en nous et hors de nous, par nos facultés intelleclives. On peut distinguer de la même manière les opérations des hrutes. Les actes de Vanimal sont ceux qui arrivent dans l'organisme sans qu'elles en aient la moindre connaissance. Les actes animaux sont ceux qu'elles exercent en elles ou hors d'elles, par leurs facultés sensitives.

Les actes animaux ne sont donc pas des actes aveugles, pas plus que les actes humains , et les fonctions de la faculté de locomotion des brutes ont leur raison et leur principe déterminant dans les modifications de leur âme. Et de même que les actes humains se font, non-seulement en vertu de l'idée que l'âme intellective s'est créée, mais encore en vertu de sa volonté, mise en mouvement par l'idée; de même les actes animaux s'exécutent, non-seulement en vertu du fantôme de la chose sensible que l'âme sensilive s'est formé, mais encore en vertu d'une autre faculté mise en mouvement par le fantôme, et cette faculté s'appelle l'appétit. L'appétit tient donc, dans l'âme de la brute, la même place que la volonté dans l'âme humaine, et suit les mêmes conditions. Car, comme Thonmie ne veut rien qui ne lui soit connu par ridée, nihilvoHtum, quin prœcognilum ; ainsi la brute n'appète rien qui ne lui soit connu par le fantôme.

Ainsi, avant déposséder physiquement l'objet appété, l'animal le connaît intenlionnellonent. Or connaître, nous le répétons, c'est retracer en soi, c'est recueillir, recevoir en soi, non d'une manière physique, mais d'une manière intentionnelle et, encore une fois, spirituelle, l'objet connu. Le principe cognos-

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