‹ La philosophie chrétienneChapitre 140 sur 249 · PROUVÉE PAR LES ACTES ANIMAUX · texte numérisé non relu

PROUVÉE PAR LES ACTES ANIMAUX

contraire, l'inaction ou la passivité est le caractère propre, constant , essentiel, absolu de la matière. Lors même qu'elle produit le mouvement, elle ne le fait qu'en conséipience de sa pesanteur, et de sa tendance à limmobililé et au repos. Les j)oids des horloges, Teau des rivières, la vapeur, ne meuvent les machines qu'en vertu de leur quantité; leur force n'est qu'en raison directe de leur masse et de leur poids. L'élasticité ellemême, ou la propriété de certains corps en vertu de laquelle ils résistent à la pression et se rétablissent dans 1 état où ils étaient aussitôt que la lorce comprimante cesse d'agir, n'est qu'une espèce de protestation, de la part de ces mêmes corps, contre tout ce qui veut troubler leur repos, et une preuve palpable d'une tendance plus violente que celle des autres corps à l'état d'inertie. Donc, même le mouvement obtenu par la matière atteste son incapacité absolue à l'action par soi et sa passivité.

Le cas du miracle excepté, nul être purement matériel ne saurait se mouvoir par lui-même, et ne s'est jamais mû luimême. Tout mouvement propre, et, à plus foite raison, tout mouvement spontané, et, à plus forte raison encore, tout mouvement libre, répugne à sa nature et lui est naturellement impossible. Par la raison contraire, Va propriété, et, bien plus, la spontanéité, et, bien plus encore, la liberté du mouvement, excluent formellement la matérialité du principe moteur. Par conséquent, si même l'âme de la plante, qui n'a que le mouvement propre, doit être in)matérielle; si 1 âme de la brute, qui a, par surcroit, le mouvement spontané , Test, et doit l'être aussi (et sa faculté de locomotion prouve son immatérialité); coumient l'àuie humaine, qui, par une plus grande spécialité, jouit du mouvement libre, ne serait-elle pas inmiatérielle? Mais, avant de faire à l'âme de l'homme l'application de ces doctrines, nous avons encore à combattre deux grandes erreurs, touchant l'âme de la brute.

37G § 111. IMMATÉRIALITÉ DE l'aME DES BÊTES.

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