‹ La philosophie chrétienneChapitre 146 sur 249 · EBREUB ET VÉRITÉ PAR LE MÊME AUTEUR · texte numérisé non relu

EBREUB ET VÉRITÉ PAR LE MÊME AUTEUR

de la matière, elle doit de toute nécessité s'éteindre avec le corps (1); et il conclut : « C'est ainsi que la première opinion (la « doctrine de saint Thomas) sort des deux inconvénients que « nous avons remarqués. »

Nous avons entendu plus haut (vol. I, pag. 130) le même Bossuet affirmant que «les décrets, les dogmes et les maximes « constantes de l'École, ou le fond de la doctrine scolastique et « de saint Thomas , n'est AUTRE CHOSE que le pur esprit « DE LA Tradition et des Pères. » Par conséquent la théorie scolastique sur Tâme des brutes, qui fait une partie considérable du fond de la science de V École, n'est, elle aussi, que le pur esprit, de la Tradition et des Pères; et, en effet, nous venons de prouver plus haut (§ 76, pag. 4 30) que cette théorie, affirmée dans les termes les plus explicites et les plus formels dans l'Écriture sainte, a été constamment suivie par les Pères de l'Église, et a pour elle le témoignage de la Tradition catholique.

Ainsi donc, pour Bossuet, cette théorie est, d'abord, une doctrine aussi ancienne que le monde, aussi universelle que l'humanité et l'Eglise. En second lieu, la même théorie, en accordant à la brute le sens sans Vintelliyence, à l'Ange l'intelligence sans le sens , à l'homme le sens et l'intelligence unis dans la même substance, est encore pour Bossuet la seule théorie qui mette les trois natures à leur place, indique les degrés de perfection qui les diversifient, les lie ensemble , et se présente à la raison comme portant en elle-même le cachet de la vérité.

(1) Nous ne pouvons nous empêcher d'observer ici, en passant, que cette objection seul l'écolier et Ira lit une grfinde ignorai ce des \rais principe^ dans ceu\ qui se la peroietteut. L'immortalité, comme il sera démoniré à l'endroit indiqué ci-dessus esl la conséquence nccessaiie non-seulement de la simplicité et de l'immatérialité de la substance, mais encore de sa subsistance iudc pendante de la matière,; eu sorte qu'une substance iimnatéiielle n'est pas pour cela immortelle; mais elle n'est immortelle que si ele a une subsistance propre à elle, en dehors de la matière. Parmi toutes les âmes, ce n'est que le propre de l'âme humaine ; l'àme des brutes , tout immatérielle qu'elle es» , n'a)ant pas de subsistance hors de la matière, suit les conditions de la matière, cesse et s'éteint en elle et avec elle. De ce qu'on accorde donc une àine vraiment immaé ielle à U hrute, il ne s'ensuit nullement qu'on doive lui iccoider aussi l'immortalité.

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