‹ La philosophie chrétienneChapitre 154 sur 249 · SPIRITUALITÉ DE L'AME HUMAINE · texte numérisé non relu

SPIRITUALITÉ DE L'AME HUMAINE

ment engendre hors de lui-même et dans l'ordre corporel comme la plante; non-seulement il engendre aussi en lui-même et dans l'ordre intentionnel conune la brute, mais encore il engendre en lui-même dans l'ordre universel^ infini, à la manière des Anges et de Dieu.

Faculté infinie, parce qu'il est à tout ce qui est intelligible ou à l'infini intelligible, l'Intellect agissant, en se formant l'idée, sa parole intérieure, produit, en quelque sorte, l'infini en lui-même, car toute conception universelle ou toute idée est une conception infinie. Il engendre donc quelque chose de ressemblant à sa nature, et dans laquelle il répète toute sa nature : comme l'Intellect divin engendre en lui-môme son Verbe qui lui ressemble parfaitement, et dans lequel il se reproduit tout entier. Seulement, étant infini en acte, l'Intellect incréé engendre une parole infinie en acte, elle aussi ; tandis qw'injini en puissance seulement, rintellect créé ne produit qu'une parole in^nie m puissance, elle aussi. Par conséquent, infini en acte, subsistant en acte, le Verbe de Dieu est-personne infinie en acte, est vrai Dieu lui-même; tandis qu'in^nie en puissance seulement et n'ayant pas de subsistance en acte, le verbe de l'homme, l'idée, tout infinie qu'elle soit en puissance, n'est pas personne infinie, n'est pas à la rigueur intellect elle-même. Cependant elle ne ressemble pas moins au principe qui l'engendre; n'en est pas moins, comme l'appellent les deux plus grands hommes de l'Église, saint Augustin et saint Thomas, le Fils de l'Esprit; et, n'étant pas Dieu, mais seulement l'image, quoique imparfaite, de Dieu : Ad imaginem guisque Dei facfus est homo [Gen. ii); Tintellect humain, n'engendrant pas Dieu, engendre toujours à l'imitation, à la ressemblance de Dieu.

« Dans les choses inanimées , dit saint Thomas, la génération « n'est qu'une œuvre complètement extrinsèque; tandis que, dans « les êtres vivants, elle s'accomplit d'une manière plus noble et a plus élevée, par quelque chose qui appartient à l'être vivant « lui-même, savoir, par la semence. Cette semence renferme un « certain principe, capable de se développer et de former un corps; « il faut donc nécessairement admettre que ce principe découle « de la puissance d'une chose vivante, car, seule, une telle puis- « sauce peut communiquer à la semence la vertu formative du

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