BÉSULTANT DES PBÉROGATIVES DE L'AME DES BRUTES
discussion, sur l'àme des plantes et des brutes, est tout entière à l'avantage^ au profit, à l'Jionneur de Tâme humaine.
D'autres ont , avant nous et mieux que nous , démontré, par des arguments directs, tirés de la faculté de juger, de raisonner, de vouloir, l'immatérialité de l'âme intellective; ces ar • guments sans réplique sont connus de tout le monde, car ils se trouvent dans presque tous les Cours de philosophie , et même dans la Philosophie de Lrjon. C'est pourquoi nous n'avons que peu insisté sur ce sujet. Mais nous ne connaissons pas un seul de ces cours qui ait pris sérieusement à cœur la cause de l'àme des végétaux et des animaux, dans l'intérêt de l'âme de l'homme. Cette omission est regrettable; car les preuves indirectes constituent l'argumentation nommée : du plus petit au plus grand, a minori ad majus, qui, dans certains cas, a une grande force, vaut bien les preuves directes et leur sert de base.
En effet, en méconnaissant, en déniant même toute âme aux brutes, le cartésianisme a considérablement affaibli , a même renversé ses arguments en faveur de la spiritualité de l'âme humaine. Par sa théorie des idées , cette philosophie avait déjà rendu vains ces arguments. Car, nous le répétons, si, comme elle l'affirme, Dieu seul est la cause efficiente de nos idées et de nos volitions, ce n'est pas nous qui entendons et qui voulons, mais c'est Dieu qui entend en nous, qui veut en nous. Notre âme n'a plus ni intellect ni volonté, elle n'est même pas; et dès lors l'impossibilité que la matière pense, raisonne, veuille, ne prouve que la spiritualité de Dieu, accomplissant ces fonctions dans l'homme et par l'homme , et non la spirituaUté de l'âme do l'homme, qui, ne comprenant pas, ne raisonnant pas, ne voulant pas, et ne faisant rien de spirituel, n'aurait que faire d'une nature spirituelle. D'après celte doctrine, l'âme intellective, supposé même qu'une telle âme existât, ne serait qu'une machine, ou au moins une statue; belle et noble statue, autant qu'on veut, mais toujours une statue, n'ayant pas de vie intellective à elle ; ne serait qu'une image morte, ne ressemblant à Dieu que par les mots, et, en réalité, ne partageant en rien les traits de Dieu, la vie de Dieu.
Mais, en refusant l'àme aux bêtes, le cartésianisme a fait encore de nouveaux torts à l'àme humaine. Il a ôté à cette statue