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418 § 117. SPIBITUALITÉ DE l'AME HUMAINE,
sa base ; il l'a placée sur le sol ; et dès lors il l'a exposée, comme tout ce qui ne s'élève pas au-dessus du sol, à être salie par la boue et les ordures du matérialisme. Il a fait de l'âme humaine un être isolé dans la création , un être dans des rapports nominaux avec Dieu, mais étranger à tous les autres êtres ; il l'a déshonorée, dégradée, anéantie.
Au contraire, en commençant par établir qu'il y a trois espèces de composés vivants sur la terre : la plante, la l)rute et l'homme; en accordant à chacun de ces êtres une âme véritable, immatérielle, vivante, la philosophie chrétienne, d'une part a fait connaître l'homme comme étant un anneau de la chaîne qui unit l'ordre intollectif à l'ordre sensitif et à l'ordre végétatif ; et de l'autre, en établissant que l'âme humaine possède d'une manière plus parfaite toutes les facultés des âmes d'une nature inférieure, et, de plus, les facultés des natures supérieures, des anges et même de Dieu, elle a élevé cette noble statue bien audessus du sol, et, par là, elle l'a mise à l'abri de toute souillure, de tout outrage de la part du matérialisme impie, qui la déteste par haine de l'auguste Original qu'elle représente. La philosophie chrétienne l'a placée sur un magnifique et splendide piédestal, composé des matériaux les plus précieux , tels que les facultés des âmes d'une nature inférieure ; et, par là, elle a mis hors de toute atteinte sa spiritualité; car on ne peut nier que ce qui, par sa nature, est au-dessus de l'immatériel, ne soit spirituel. En sorte qu'on peut voir, admirer de loin cette statue dans tout l'éclat de sa beauté.
La philosophie chrétienne, enfin, en enseignant (jue l'âme humaine vit d'une plus noble vie, est cause plus parfaite de ses opérations , et exerce une puissance plus étendue et plus sublime que les âmes des brutes et des plantes, n'en a pas fait une statue seulement, mais encore une image vivante de Dieu, qui, un peu moins noble que l'ange, miuuisti cum paulo minus au angelis, n'en porte pas moins sur son front la couronne de reine de ce monde , ne tient pas moins dans sa main le sceptre de l'empire de toutes les œuvres de la création terrestre , glorià et honore coronasti eum et constituisti eum super omnia opéra Manuum tuarum. Et, de môme qu'une reine est d'autant plus grande et plus puissante qu'elle règne sur un peuple plus puis-