ORIGINE DIVINE DE L'AM£ HUMAINE
« Une fois que, par la vertu du principe actif de la semence du mâle^ l'âme sensitive s'est produite sur les ruines de 1 ame végétative, dans l'être engendré, au moins quant à sa spécialité, elle commence à opérer. Or la spécialité de l'âme sensitive, et sa supériorité sur Pâme végétative, consiste en ce qu'elle peut, à elle seule, en accomplir les fonctions en dehors de celles qui lui sont propres comme âme sensitive. Ainsi donc c'est elle qui fait fonctionner tous les organes de la végétation et de la nutrition, jusqu'au développement complet et à la formation du corps. Il va sans dire que, dès l'instant où, par la production de l'âme sensitive, le fœtus a acquis la forme animale, la semence se dissout, la vertu active qu'elle renfermait cesse d'être, et avec elle l'esprit qui y était uni. 11 en doit être ainsi, parce que cette vertu n'opère pas comme agent, mais comme instrument de l'àme de l'être générateur, et tout instrument cesse de fonctionner, dès rinstant où il a produit l'effet pour lequel il avait été mis en jeu (1). »
Une preuve sans réplique de la vérité : Que la génération est l'œuvre moins de la matière corporelle, que de la vertu généra* trice que l'âme dépose dans cette matière, est celle-ci : « D'après la doctrine d'Aristote, suivie par tous les physiologistes, la semence génératrice ne résulte que du superflu des aliments pris par l'être générateur; semen est super fluum alimenti. Or, puisque l'homme se nourrit de végétaux et de la chair des brutes ,
« siliva est in dorraienlibus ; cum autoin incipit attraliere alinientuni, tune jarn « aclu operatur. Hiijiismodi igitur niateria trausinutatur a viniite (jua; esl in « semiue maris, quousque jierducatur in actuni anima' sensitiva» : non ita quoJ « ipsaniet vis, qua- erat in seniLiie, liât anima sensiliva ; quia sic idem esset ge- « uerans et genei atum, et lioc magis esset simile nutritiooi et augmeuto ((uaui «generationi (I p., q. 74, a. 4). »
(1) «Postquam autem, per \irtuteni principii aclivi quod eral in semine, n producta est anima seusitiva in gencrato, quantum ad aliquam parlem prina cii)alem, tune jam isla anima sensitiva prolis incipit opeiari ad complemen* » tum proprii corporis, per modum nufritionis et augmenli. Virtus autem (I activa, quœ erat in semiue, esse desinit, dissoluto semme, et evanescentc « spiritu, cui inerat. Kec hoc est inconveuiens ; quia vis ista non est priuci|>ale « agens, sed iuslrumentale; motio autem instrumeuti cessât, elïectu jam pro- « ducto m. esse {,lbid.).»