‹ La philosophie chrétienneChapitre 170 sur 249 · CONFIRMATION DES DOCTBINES EXPOSEES · texte numérisé non relu

CONFIRMATION DES DOCTBINES EXPOSEES

sophes l'ont fait, que les âmes humaines soient Tœuvre d'autres substances créées, de certains esprits supérieurs, des anges. Cette hypothèse présente sa réfutation dans les termes mêmes qui l'énoncent. Des substances, créées elles-mêmes, ne peuvent rien créer hors d'elles-mêmes. Car comment des substances qui n'ont pas l'être par elles-mêmes pourraient-elles le donner, et créer d'autres substances? Il n'y a que Dieu qui puisse créer ou donner le premier être, et faire que ce qui n'était pas soit. Ce n'est uniquement le propre que du premier Agent d'agir sans précédent, ou sans avoir besoin de rien qui serve de base à son opération. Quant aux agents seconds, ils ne peuvent jamais agir que sur des sujets existants par la vertu de l'Agent premier : autrement ils ne seraient pas des agents seconds, mais des agents premiers, eux aussi. Or celui qui agit sur un sujet existant n'agit qu'en le transmuant. Par conséquent, les agents seconds n'opèrent qu'en donnant de nouvelles formes à ce qui est. Seul, Dieu, qui est le premier Agent de tout, agit sans sujet préexistant, ou en donnant le premier être aux choses, ou en les créant. Or, puisque l'âme rationnelle ne peut être produite par la transmutation d'une matière en sa substance, mais doit surgir, pour ainsi parler, tout d'un bloc, de rien, elle n'est et ne peut être produite qu'immédiatement de Dieu, et créée par lui (1).

L'économie de la puissance du Créateur, pour la reproduction des choses créées, que nous venons d'exposer, se trouve, enfin, clairement indiquée dans ces remarquables passages de l'histoire de la création : « Et Dieu dit ; Que la terre produise l'herbe vivante, « faisant sa semence, et l'arbre fruitier, portant le fruit, selon son « genre et dont la semence se trouve en lui-même. Et il fut fait « ainsi. Et ait : Germinet terra herbam virentem, et facientem « semen, et lignum pomiferum, facientem fruclum,juxta yenus « suum, cujus semen in semetipso sit. Et factum est ita {Gen.,\).

(l) « Solus Deus potest creare, quia solius priini agenlis est Agere, nullo prae- « supposito; cum agens secuudum ptaesupponat semper aliquid a primo agente. « Quod autein agit aliquid ex aliquo prœsupposito, agit transmutando, et ideo « niillum aliud agens agit nisi tran>mutando , sed solus Deus agit creando. Et « quia anima rationalis non potest produci per transmutationem alicujus mate- " riae, ideo non potest produci nisi a Deo immédiate. »

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450 §121. ORIGINE DIVINE DE l'AME HUMAINE.

Dieu dit aussi : cf Que la lorrc produise l'âme vivante dans son « genre, les juments, les reptiles et toutes les bêtes de la terre, « selon leurs espèces. Et il fut fait ainsi. Dijritque Deus: Pro- « ducot terra animam viventeni in (jenere siio,jumcntaet repti- « lia, et beslias terrœ, secumlum species suaii^{Gen. , I.) ... Je vous et ai donné toute herbe portant sa semence sur la terre, et tous « les arbres ayant en eux-mêmes la semence de leur genre, pour a votre aliment, aussi bien que pour l'aliment de tous les êtres « animés de la terre, de tous les oiseaux du ciel, et de tous les « êtres qui se meuvent eux-mêmes et qui ont en eux-mêmes M une âme vivante. Ecce dedi vobis omnem herbam afferentem « semen super terram, et universa ligna quse hahent in setiietipsis « sementem generis sut, ut sint vobis in escam; et cunctis ani- « malibus terrx, omnique vohicri cœli, et universis qux moven- « tur in terra, et in quibus est anima vivens [Ibid.). »

Enfin, après la création des animaux aussi bien que du premier couple humain, Dieu leur aurait dit : «Croissez et multi- « pliez-vous, et remplissez la terre. Crescite et mulliplicamini, « et replète terrain {Ibid.). » Mais, en revenant sur la création de l'homme en particulier, l'historien sacré a dit : « Le Seigneur « Dieu forma l'homme du limon de la terre; et il répandit sur « son visage le souffle de la vie, et l'homme devint une âme vi- « vante. Formavit Dominus Deus hominem de limo terrse, et « inspiravit in faciem ejus spiraculum vitœ, et factus est homo « in animam viventem {Ibid.,, II), »

Il résulte manifestement de ces passages : i° que la plante, la brute et l'homme, ont en eux-mêmes la vertu de reproduire leur semblable ou d'engendrer des individus de leur espèce; 2" que cette vertu est l'effet de la parole toute-puissante que Dieu prononça à l'origine du monde, et par laquelle il déposa, dans toutes les créatures vivantes, la semence de la vie et de l'être qu'elles transmettent à leurs semblables ; et puisque la parole de Dieu n'est que l'expression de ses raisons éternelles, c'est par les raisons éternelles de Dieu que, comme saint Thomas vient de nous le dire, toute semence de génération se trouve dans tout être générateur; 3° que tout être engendrant engendre, lui, et non pas un autre, par un principe intrinsèque et intime à lui, et non par un principe hors de lui ; A" qu'engendrer étant produire un

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