LA DOCTBINB DK SAINT THOMAS SUR LA GÉNÉRATION
C'est sur la vérité de cette thèse que repose la vérité du mystère de rincarnationjear, l'homme n'étant engendré, par la vertu active du père, que du sang de la mère, si le corps du Seigneur n'a pas été formé par le Saint-Esprit du sang très-pur de Marie, mais de sa chair ou d'une autre partie de son corps, comme Eve a été formée d'une côte d'Adam, la sainte Vierge n'a pas concouru naturellement, comme toute autre mère, à la génération de ce divin corps; et alors rien n'aurait été naturel , mais tout aurait été surnaturel et miraculeux dans cette génération ineffable. N'ayant pas été formé de la même matière dont sont formés tous les corps humains, le corps de Jésus-Christ ne serait pas un corps humain véritable; le Seigneur Jésus ne serait pas né d'une femme; il ne serait pas vrai homme.
Il est vrai que plusieurs Pères de lÉglise, le vénérable Bède entre autres, disent que le Verbe éternel n'a pris sa chair réelle que de la chair maternelle: Carnem suam non aliunde, sed materna sumpsit ex earne. Mais par cette manière de s'exprimer, reprend saint Thomas, ces Docteurs n'ont pas entendu parler de la chair proprement dite, mais de la chair en puissance, c'est-à-dire rfw sang; carie sang de la femme, qui sert à la génération, n'est que la chair en puissance; et, dans ce sens, le sang est chair. Par conséquent ils n'ont pas dit que la matière du corps du Seigneur fût la chair et non le sang de la sainte Vierge : Ideo dicitur carnem de Yirgine sumpsisse, non quod materia corporis ejusfuerit cabo, sed sanguis, qui est po-
TENTIA CAEO. [Ibid.)
Voici encore comment saint Thomas a démontré que le corps du Seigneur a été formé du sang le plus pur de la sainte Vierge, et que, par conséquent, ce divin corps a été un vrai corps humain. « Dans la conception de Jésus-Christ, dit-il, il y eut du naturel et du surnaturel : du naturel, parce que, comme tout autre homme, il naquit d'une femme ; du surnaturel, parce que lui seul est né d'une vierge. Car, comme l'a prouvé Aristote dans son livre, Sur la génération des animaux, c'est une loi de la nature que, dans la génération de l'animal, la femelle ne fasse que fournir la matière, et que le principe actif de la génération soit tout du côté du mâle. Mais nulle femme qui conçoit par le concours de l'homme ne demeure vierge. Par conséquent, la