‹ La philosophie chrétienneChapitre 177 sur 249 · G8 § 124. DE LA. LIBERTÉ DE L'HOMME EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

G8 § 124. DE LA. LIBERTÉ DE L'HOMME EN GÉNÉRAL

CESSiTÉ, libertas a necessitate. La liberté de contrainte, qui se dit aussi liberté de spontanéité ^ est l'exemption de trmte violence extérieure. La liberté de In nécessité, qui s'appelle aussi la liberté de l'arbitre, est la privation de toute violence intérieure.

Ces deux espèces de libertés peuvent exister et existent en effet l'une sans l'autre. Ceux des animaux qui ne sont pas sous le pouvoir de l'homme, et que rien ne gcnc dans leurs mouvements, sont libres de la liberté de spontanéité ; mais, ne pouvant se soustraire à l'empire que l'instinct exerce intéricurcmont sur eux, ils ne sont pas libres de la liberté de Varbitre. L'homme en prison, au contraire, ou privé par une cause quelconque de la libre disposition de ses membres, n'est pas libre de la liberté de la contrainte; mais puisfiue, même garrotté, enchauié, il ne peut être dépouillé de la liberté de ses pensées, de ses volontés, de ses désirs, et qu'une fois rendu à la liberté de toute violence extérieure, il demeure toujours maître de faire ou de ne pas faire ce qu'il veut et comment il le veut, il jouit toujours de la liberté de la nécessité.

Lorsqu'on dit que la crainte , qui ébranle la constance de l'homme, cadcns in constantcm viinim, que les violences et les sévices diminuent ou détruisent le volontaire, on n'entend, sous ce nom, que le spontané; car de pareilles causes n'affectent que la spontanéité de l'action et n'obtiennent, de la part de l'homme, que la résignation à céder exfé?ieurement à la violence ; mais elles ont peu de prise sur sa volonté. Elles ne peuvent l'empêcher de regretter ce qu'on l'olilige de faire, et de se révolter intérieurement contre la violence qu'on exerce extérieurement sur lui. Elles ne peuvent l'entraîner à vouloir, dans son cœur, ce qu'il accomplit par son corps, sous l'empire de la force, et qui, par conséquent, n'a aucune valeur.

Mais, au contraire, ce que l'homme fait pendant l'ivresse, la folie, ou dans l'emportement d'une passion violente, il le fait spontanément, parce que, d'un côté, aucune force extérieure ne l'y contraint, et que, de l'autre côté, il se meut, il se détermine lui-même aux actes qu'il exerce. Mais puisque, dans un tel état, sa volonté n'est pas éclairée par la raison, mais emportée par la puissance avec laquelle les images en désordre des objets agitent intérieurement sa fantaisie et bouleversent toutes ses fonc-

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