DÉFINITION ET ESSENCE DE LA LIBERTÉ
velle de cette vérité, que la Vérité seule est charitable, respectueuse pour l'homme ; et que l'erreur est, plus ou moins, hostile à Thomme, et toujours insolente, despote et cruelle I
§ 125. Définition de In liberté par saint Thomas, et excellence de cette définition.— Le jugement delà i-aison est de l'essence de la liberté. — Explication cl importance de cette profonde doctrine. — La fin et les déterminations de la nature sont nécessaires; les moijenset les objets des facultés sont contingents ; c'est par rapport à ces dernières choses que Vhomme est libre.
Comme toutes les définitions de fabrique moderne, celle que nous venons d'apporter, concernant la liberté humaine, sans être erronée, est plate, banale : elle énonce le fait de la liberté plutôt qu'elle n'en indique la raison et la cause efficiente; elle est historique plutôt que philosophique. La vraie définition philosophique de la liberté peut, d'après saint Thomas (I p., q. 83, art. 3), se formuler dans ces termes : Un jugement libbe, TOucuANT l'action, Hberum de actione judicium. Tâchons d'expliquer cette belle et magnifique définition, et d'y trouver, comme tout philosophe doit le faire, la racine, le fondement de cette liberté que l'homme partage avec les anges et avec Dieu même, et à laquelle la brute est complètement étrangère : afin de pouvoir nous rendre compte pourquoi, en s'élevant à une grande hauteur au-dessus de la plante, par le privilège de la spontanéité, la brute ne peut cependant pas atteindre la liberté; et pourquoi, parmi tous les composés vivants de la création, l'homme seul jouit des deux prérogatives à la fois, de la spontanéité de ses mouvements et de la liberté de ses volontés et de ses actions. Saint Thomas sera toujours notre guide dans cette importante recherche.
«Certains êtres, dit-il, O'Çthvexii sans jugement; c'est ainsi qu'une pierre se meut vers le bas, et que tous les agents, dépourvus de connaissance, produisent leur effet. D'autres êtres agissent avec jugement i mais ce jugement n'est pas libre, c'est le propre des brutes. En fuyant à l'approche du loup, la brebis fait bien un vrai jugement, car elle juge naturellement qu'elle doit le fuir; mais ce jugement, n'étant pas le résultat de la collation de plu-