‹ La philosophie chrétienneChapitre 191 sur 249 · CONTRE LA LIBERTÉ TIRÉES DE LA BIBLE · texte numérisé non relu

CONTRE LA LIBERTÉ TIRÉES DE LA BIBLE

Enfin la Bible est Histoire^ Prophétie et Loi. Dans sa partie historique, elle n'est que le récit non interrompu des bienfaits, des récompenses dont Dieu a comblé l'homme juste, et des châtiments dont il a frappé l'homme coupable, et même son propre Fils, en tant qu'il a représenté l'homme du péché et a voulu satisfaire pour lui. Dans sa partie prophétique, le Code sacré ne fait que répéter les promesses les plus brillantes de pardon, de grâce, de miséricordes, de bénédictions, de bonheur pour le repentir et la vertu , et les menaces les plus terribles contre Tobslinationetle crime. Dans la partie législative, enfin, l'Écriture est un immense dépôt de commandements, de préceptes, de règles, de lois pour l'esprit , le cœur et la conduite extérieure de l'homme dans tous les âges, dans tous les états et dans toutes les circonstances de la vie. C'est même le seul livre au monde où tout concourt , où tout est réuni dans une seule et même pensée, dans un seul et même dessein d'attirer l'homme par tous les moyens à la connaissance du vrai et à la pratique du bien , afin qu^il soit heureux dans le temps et dans l'éternité; c'est pouquoi il s'appelle la Bible, mot grec qui signifie le livre, c'est-à-dire le livre par excellence.

Mais si l'homme n'était pas plus que la brute maître de sa volonté et de ses actions ; s'il n'était pas exempt de toute pression intérieure ; s'il n'était pas libre de la liberté de nécessité, à quoi bon, dit saint Thomas, tant d'exhortations, de conseils, de défenses et de permissions? A quoi bon tant de règles, de préceptes? A quoi bon tant de menaces de châtiments, tant de promesses de récompense pour engager l'homme à s'adonner à la vertu, qu'il n'aurait pas la faculté de suivre, et à s'éloigner du péché, qu'il ne pourrait s'empêcher de commettre ? Alioquin frustra essent consi/ia, exhortationes , prœcepta, prohibitiones, prxmia et pœnœ. Si l'homme n'était donc pas un être vraiment libre, de

« venientes sunt sicut liabitus et passiones, secundum quas aliquis inclinatur « magis in unum quam in alterum. Tanieu ista; etiam inclinationes subjacent « judicio rationis, et hujusniodi etiam qualitates ei subjacent, in quantum in « nobis est taies qualitates acquirere vel causaliler, vel dispositive, vel a nobis « excludere. Et sic niliil est quod libertati arbitrii repugnet (I p., q. 83, art. 1).

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