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84 § 62. l'AME. PBELIMINAIBES PHYSIQUES.
demment démontrés, ou de l'expérience ou de l'observation. Or, le moyen, pour tout esprit qui raisonne, de nier ou de se dispenser d'admettre : Que,danstoutchangement substantiel, le sujet est quelque chose de distinct de la substance m<?me, soit qu'on le comprenne, soit qu'on ne le comprenne pas? Car la raison pour laquelle on doit l'admettre n'est pas, parce qu'il est intelligible, mais parce que sa nature et ses conditions se déduisent évidemment et nécessairement de la nature et des conditions de tout changement substantiel; et s'il est inintelligible par lui-même, il est intelligible et bien intelligible par les principes desquels on le déduit, et par des preuves d'analogie. On va le voir.
§ 62. Autres éclaircissements sur la doctrine de la matière en puissance. Analofjies par lesquelles on peut bien la comprendre. — La matière PREMIÈRE et la matière seconde. — Celle-ci explique bien celle-là.
Que notre lecteur se rappelle qu'en expliquant le mot forme, en tant que ce mot signifie l'une des espèces du prédicament de la Qualité , nous avons remarqué que ce même mot qui, au sens artistique, ?,\^iY\îiQ\n modification extérieure de la substance matérielle, signifie, au sens philosophique, la nature ou le principe intérieur de toute substance; le principe par lequel une substance est telle substance , et non pas une autre : comme le principe intrinsèque par lequel une pierre n'est que de la pierre, une pièce d'argent ou d'or n'est que de l'argent ou de l'or. Il suit de là qu'entre la forme artistique ou accidentelle et la forme philosophique ou substantielle, il y a cela de commun, que, comme par la forme extérieure on connaît les accidents, comme la grandeur, les proportions , la configuration d'une substance , de même, par la forme intérieure, on en connaît la nature et les qualités spécifiques, et qu'en général, nul être n'est connu, soit accidentellement, soit substantiellement, que par sa forme.
Ainsi, je vois un individu de l'espèce humaine devant moi. Les traits de son visage, sa taille, sa grandeur, sa couleur, constituent sa forme extérieure, accidentelle, et, par cette forme, je connais que cet individu est Pierre ou Paul. Mais il a et il entend la parole, il raisonne, il a l'intelligence; il a donc une âme raisonnable. L'âme raisonnable constitue la forme intérieure, substan-