‹ La philosophie chrétienneChapitre 208 sur 249 · IMPOSSIBILITÉ QUE L'AMB SOIT ANNIHILÉE · texte numérisé non relu

IMPOSSIBILITÉ QUE L'AMB SOIT ANNIHILÉE

de l'intellect, en dehors du concours organique du corps, et par conséquent elle est aussi, par sa nature, indépendamment du corps.

Il est vrai qu'il est également impossible de trouver de la matière sans forme, et de la forme sans nifftière. Mais cette impossibilité, abso/ve par rapport à la matière, n'est que conditionnelle par rapport à la forme. La matière ne peut, dans aucun cas, se passer de la forme ; mais la forme n'est inséparable de la matière que dans le cas seulement où elle est tellement plongée dans la matière et associée à la matière, qu'elle n'a d'action d'aucune espèce hors de la matière et sans la matière. C'est le cas de l'âme des brutes et des plantes, qui, par cela même qu'elles n'ont pas d'action, n'ont pas de subsistance non plus sans le corps. En tant que forme du corps, l'âme humaine ne fait que communiquer à la matière corporelle cet être, par lequel l'àme subsiste en elle-même comme elle opère par ellemême, et par lequel, de l'âme intellective et du corps, il se fait un seul individu, puisque le même être de l'âme est aussi l'être de tout le composé. Et puisqu'il n'en est pas ainsi des autres formes, par cela même que ces formes ne sont pas subsistantes, elles doivent s'éteindre avec le corps ; tandis que l'âme humaine, demeurant toujours dans son être, sans le corps, survit toujours à la destruction du corps (1).

Saint Thomas a dit aussi : « Telle est la perfection de l'âme « humaine, qu'elle ne peut être entièrement plongée et renfer- « mée dans la matière. Rien ne l'empêche donc d'être, par son « essence, la forme substantielle du corps, sans être, par une « de ses facultés, par sa vertu intellective, acte du corps (2).»

(1) « Anima humana ilhid esso, in quo subsistit, communicat matoria^ cor- « porali ; ex qua, et anima intellecliva, fit unum : quia illud esse, quod est to- « tins compositi, est etiam ipsius aninise. Quod non accidit in aliis formis, qua- <t non sunl subsistentes. Propttr lioc, anima bumana remanet iu suo esse, de- '< structo corpore ; non autem alia; formée (I p., q. 76). »

(2) « Anima bumana non est forma in materia corporali immersa, vel ab ea « totaliter comprebensa, proptcr suam perfectioneni, El ideoniliil probibet ali- <i quani ejus virtutem non esse corporis actum; quamvis anima, secundum '• suam essenliam, sit corporis forma (fbid.). »

Page 1